‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 372 sur 504 · BEGEARSS, LE COMTE · texte numérisé non relu

BEGEARSS, LE COMTE

(Bégearss, en entrant, s’arréte, le regarde, et se mord le doigt avec mystére.) Ah! mon cher ami, venez donc!... Vous me voyez daus

un accablement...

BEGEARSS

Trés-effrayant, monsieur ; je n’osais avancer.

LE COMTE

Je viens de lire cet écrit. Non, ce n’étaient point 1a des

. ingrats ni des monstres, mais de malheureux insensés, comme ils se le disent eux-mémes...

BEGEARSS

Je l’ai présumé comme vous.

LE COMTE se Jéve et se proméne.

- Les misérables femmes, en se laissant séduire, ne savent guére les maux qu’elles apprétent !... Elles vont, elles vont... les affronts s’accumulent... et le monde injuste et léger accuse un pére qui se tait, qui dévore en secret ses peines!... On

‘le taxe de dureté pour les sentiments qu’il refuse. au fruit d’un coupable adultére!... Nos désordres , 4 nous, ne leur enlévent presque rien; ne peuvent, du moins, leur ravir la certitude d’étre méres , ce bien inestimable de la maternité ! tandis que leur moindre caprice, un got, une ¢étourderie légére , detruit dans Phomme le bonheur... le bonheur de toute sa vie, la sécurité d’étre pére.—Ah! ce n’est point Iégerement qu’on a donné tant @’importance-a la fidélité des femmes ! Le bien, le mal de la société, sont attachés a leur conduite; te paradis ou lenfer des familles dépend a tout jamais de l’opi-

- nion qu’elles ont donnée d’elles.

BEGEARSS

Calmez-vous ; voici votre fille.

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