ACTE ll, SCENE V
LA COMTESSE au comte.
Figaro m’avait dit que vous vous trouviez mal; effrayée, jaccours, et je vois...
LE COMTE
.... Que cet homme officieux vous a fait encore un mensonge.
FIGARO
Monsieur, quand vous étes passé, vous aviez un air si
défait... Heureusement il n’en est rien.
(Bégearss l’examine.)
LA COMTESSE
Bonjour, monsieur Bégearss...Te voila, Florestine ; je te trouveradieuse... Mais voyez donc comme elle est fraiche et belle Si le ciel m’edt donné une fille, je ’aurais youlue comme toi, de figure et de caractére... I] faudra bien que tu m’en tiennes lieu. Le veux-tu, Florestine?
; FLORESTINE lui baisant la main.
Ah! madame !
LA COMTESSE
Qui t’a done fleurie si matin ?
FLORESTINE avec joie.
Madame, on ne m’a point fleurie; c’est moi qui ai fait des bouquets. N’est-ce pas aujourd’hui Saint-Léon ? Charmante enfant, qui n’oublie rien! (Elle la baise au frout.) (Le comte fait un geste terrible; Bégearss le retient.) ; LA COMTESSE 4 Figaro.
Puisque nous voila rassemblés, avertissez mon fils que nous prendrons ici le chocolat.
FLORESTINE
Pendant qu’ils vont le préparer, mon parrain, faites-nous done voir ce beau buste de Washington, que vous avez, dit-
on, chez vous.
LE COMTE
Vignore qui me l’envoie ; je ne l’a1 demandé a personne ; ef, sans doute, il est pour Léon. Il est beau; je lai la dans
mon cabinet : venez tous.
(Bégearss, en sortant le dernier, se retourne deux fvis pour exami-~ ner Figaro, qui le regarde de méme. Ils ont l’air de se menacer
sans parler.) SCENE V.
FIGARO seul, rangeant la table et les tasses pour le déjeuner.
Serpent ou basilic, tu peux me mesurer, me lancer des
regards affrenx ! Ce sont les miens qui te tueront!... Mais ou recoit-il ses paquets ? Il ne vient rien pour lui, de Ja poste a hotel! Est-il monté seul de l’enfer?... Quelque autre diable correspond!.,. Et moi, je ne puis découvrir...