‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 393 sur 504 · LA COMTESSE , SUZANNE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE , SUZANNE

LA €OMTESSE.

Je n’ai pu rien tirer de cette enfant. — Ce sont des pleurs , des étouffements!... Elle se croit des torts envers moi, m’a demandé cent fois pardon; elle veut aller au couvent. Si je rapproche tout ceci de sa conduite envers mon fils, je présume qu’elle se reproche d’avoir écouté son amour, entretenu ses espérances, ne se croyant pas un parti assez considérable pour lui.— Charmante délicatesse! excés d’une aimable vertu! monsieur Bégearss apparemment lui en a touché quelques mots qui l’auront amenée a s’affliger sur elle! car c’est un homme si scrupuleux et si délicat sur Phonneur , qu’il s’exagere quelquefois, et se fait des fantémes ov les autres ne voient rien. :

SUZANNE

Vignore dot provient le mal; mais il se passe ici des cho- ’ ses bien étranges! Quelque démon y souffle un feu secret. Notre maitre est sombre a périr ; il nous éloigne tous de lui. Vous étes sans cesse a pleurer. Mademoiselle est suffoquée; monsieur votre fils désolé !... Monsieur Bégearss lui seul , imperturbable comme un dieu, semble wétre affecté de rien ;

voit tous vos chagrins d’un ceil sec...

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