‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 402 sur 504 · LA COMTESSE, LE COMTE, BEGEARSS · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LE COMTE, BEGEARSS

LE COMTE d’un ton sérieux.

Madame, nous sommes seuls.

BOGEARSS encore ému.

C’est moi qui parlerai. Je subirai cet interrogatoire. M’a vez-vous vu, monsieur, trahir la vérité dans quelque occasion que ce fat?

LE COMTE séchement.

Monsieur... je ne dis pas cela.

BEGEARSS tout a fait remis.

Quoique je sois loin d’appronver cette inquisition peu décente , Phonneur m’oblige 4 répéter ce que je disais 4 madame, en répondant asa consultation :

« Tout dépositaire de secret ne doit jamais conserver de~ « papiers s ils peuvent compromettre un ami qui n’est plus , « et qui les mit sous notre garde. Quelque chagrin qu’on ait «a s’en défaire, et quelque intérét méme qu’on eit a les gar- « der, le saint respect des morts doit avoir le pas devant « tout. » (11 montre le comte.) Un accident inopiné ne peutil pas en rendre un adversaire possesseur ?

(Le comte le tire par la manche pour quwil ne pousse pas Vexplication plus loin. ) BEGEARSS. ;

Auriez-vous dit, monsieur, autre chose en ma position? Qui cherche des conseils timides, ou le soutien d’une faiblesse honteuse , ne doit point s’adresser 4 moi! vous en avez des preuves l’un et lautre, et vous surtout, monsieur le comte! (Le comte lui fait un signe.) Voila sur la demande que m’a faite madame , et sans chercher a pénétrer ce que contenaient ces papiers , ce qui m’a fait lui donner un conseil pour la sévére exécution duquel je ’ai vue manquer de courage; je nai pas hésité’d’y substituer le mien , en combattant ses délais imprudents. Voila quels étaient nos débats ; mais, quelque chose qu’on en pense, je ne regretterai point ce que j’ai dit , ce que j’ai fait. (II léve les bras.) Sainte amitié! tu n’es rien qu’un vain titre, si ’on ne remplit pas tes austéres devoirs. —Permettez que je me retire.

LE COMTE exalteé,

O le meilleur des hommes! Non, vous ne nous quitterez pas.— Madame , il va nous appartenir de plus prés; je lui donne ma. Florestine.

LA COMTESSE avec vivacité.

Monsieur , vous ne pouviez pas faire un plus digne emploi du pouvoir que la loi vous donne sur elle. Ce choix a mon assentiment si vous le jugez nécessaire; et le plus tét vaudra le mieux. :

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