‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 472 sur 504 · ACTE II, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII

A suivre une juste vengeance.

; TARARE la main sur la poitrine, Seigneur , je remplirai le double engagement De la vengeance et du commandement.

(Au peuple. ) Qui veut la gloire Ala victoire Vole avec moi !

TOUS

C’est moi, c’est moi !

Sujets, esclaves , Que les plus braves Donnent leur foi.

% TOUS

C’est moi, c’est moi!

Ni paix, ni tréve!

L’horreur du glaive

Fera la Joi. TOUS.

C’est moi, c’est moi!

Qui veut la gloire

A la victoire

Vole avec moi!

TOUS

C’est moi, c’est moi !

ATAR a part.

Je ne puis soutenir la clameur importune : D’un peuple entier sourd 4 ma voix.

(ll veut descendre. ) ALTAMORT l’arréte.

Ce choix est une injure a'tous tes chefs commune; Il attaque nos premiers droits.

L’arrogant soldat de fortune Doit-il aux grands dicter des lois ?

TARARE fierement.

Apprends, fils orgueilleux des prétres , Qweélevé parmi les soldats , Tarare avait, au lieu d’ancétres , Déja vaincu dans cent combats ; (Avec un grand dédain. )

Qu’Altamort enfant, dans la plaine , Biyend

Poursuivait les fleurs des chardons Que les Zéphyrs, de leur haleine , Font voler au sommet des monts.

ALTAMORT la main au sabre.

Sans le respect d’Atar , vil objet de ma haine... -TARARE bien dédaigneux. Du destin de PEtat tu prétends décider!

Fougueux adolescent , qui veux nous commander , Pour titre , ici, n’as-tu que des injures.

Quels ennemis t’a-t-on vu terrasser ?

Quels torrents osas-tu passer ?

Ou sont tes exploits, tes blessures ?

ALTAMORT en fureur, Toi, qui de ce haut rang briles de t’approcher , Apprends que sur mon corps il te faudra marcher. (1 tire son sabre. ) ARTHENEE trouble.

O désespoir! 6 frénésie !

Mon fils !... :

ALTAMORT plus furieux.

A ce brigand jarracherai la vie.

TARARE froidement, Calme ta fureur, Altamort!

Ce sombre feu, quand il s’allume, Détruit les forces , nous consume :

Le guerrier en colére est mort.

(1I tire son sabre.) ARTHENEE s’écrie.

Le temple de nos dieux est-il donc une aréne? ATAR se léve, Arrétez!

Tobéis... (A Altamort, lui prenant la main. ) Toi, ce soir, 4 la plaine.

(A Calpigi, & part, pendant qu’Atar descend de son tréne.) Et toi, fidéle ami, sans fanal et sans bruit , Au verger du sérail attends-moi cette nuit.

(Atar lui remet le baton de commandement, au bruit d’une fanfare.)

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