‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 476 sur 504 · ACTE Ill, SCENE Il · texte numérisé non relu

ACTE Ill, SCENE Il

A plomb sur la téte Le coup est rendu:

Le bras tendu , . Tarare Rares ec: ; Et tient en lair le trépas suspendu.

ATAR

Je vois qu’Altamort est perdu.

; URSON.

Aveuglé par le sang, il s’agite, il chancelle.

Tarare , courbé sur la selle,

Pique en avant. Son fier coursier,

Sentant l’aiguillon qui le perce ,

S’élance, ef du poitrail renverse

Et le cheval et le guerrier.

Tarare a l’instant saute a terre,

Court a lennemi terrassé.

Chacun frémit, le eceur glacé

Du terrible droit de la guerre.....

O d’un noble ennemi saint et sublime effort!

ATAR en colére.

Achéve done !

URSON, Ne crains rien, superbe Altamort :

Entre nous la guerre est finie.

Si le droit de donner la mort Est celui d’accorder la vie, Je te la laisse de grand ceeur.

Pleure longtemps ta perfidie.

ATAR, Sa perfidie?

URSON.

ll s’en éloigne avec douleur.

ATAR furicux.

Il-est instruit.

URSON.

Inutile et vaine faveur!

Celui dont les armes trop stires

Ne firent jamais deux blessures,

A peine, hélas! se retirait ,

Que son adversaire expirait.

ATAR

Partout il a done lavantage!

Ah! mon ceeur en frémit de rage!

Quand, par le combat, Alfamort Voulut hier régler leur sort, Urson, je sentais bien d’avance Qu’il allait de sa mort Payer cette imprudence.

Sans les clameurs d’un pére épouvanté , Le temple était ensanglanté :

Mais son pouvoir forca le nétre D’arréter un crime opportun , Qui m’offrait, dans la mort de Pun, Un prétexte pour perdre lautre.

; (11 voit entrer les esclaves.) Tout le sérail ici porte ses pas.

Retire-toi : que cette affreuse image , Se dissipant comme un nuage,

Fasse place aux plaisirs et ne les trouble pas. (Urson sort.)

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