‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 485 sur 504 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CALPIGI > SPINETTE , ASTASIE.

CALPIGI d’un ton dur, Belle Irza, l’empereur ordonne Qu’en ce moment vous receviez la foi D’un nouvel époux qu’il vous donne.

ASTASIE.

Un époux ! un époux a moi ?

; SPINETTE le contrefait.

Commandant d’un corps ridicule , Abrége-nous ton grave préambule.

Ce nouvel époux , quel est-il ?

CALPIGI.

C’est du sérail le muet le plus vil.

ASTASIE.

Un muet !

SPINETTE

Un muet!

ASTASIE.

Vexpire.

CALPIGI.

L’ordre est que chacun se retire.

SPINETTE

~ Moi?

CALPIGI.

Vous SPINETTE.

Moi?

Vous, vous , Spinette; il y va des jours De qui troublerait leurs amours.

ASTASIE.

O juste ciel ! ; SPINETTE raillant.

Dis a ton maitre Que le grand prétre Sera sans doute assez surpris Qu’a la pluralité des femmes On ose ajouter, chez les brames , La pluralité des maris-

CALPIGI ironiquement.

Votre conseil au roi paraitra d’un grand prix. Jen ferai votre cour.

SPINETTE da méme ton.

Vous loublierez peut-étre.

CALPIGI.

Non.

SPINETTE

Vous le rendrez mieux , ’ayant deux fois appris. (Elle répéte.) Dis 4 ton maitre Que le grand prétre!

Sera sans doute assez surpris Qu’a la pluralité des femmes On ose ajouter, chez les brames, La pluralité des maris.

(Calpigi sort en lui faisant le signe impérieux de se retirer.)

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