‹ Théâtre de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 95 sur 504 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

DABINS, MELAC Pere.

MELAG PERE.

On vous cherche, monsieur Dabins.

DABINS d’un air effrayé.

Depuis une heure, monsieur, j’épie le moment de vous, trouver scul.

MELAC PERE.

Que me voulez-vous ?

Puis-je parler en liberté?

Vous étes pale, défait, votre voix est tremblante ! DABINS; Ah! monsieur !

MELAC PERE, Expliquez-vous DABINS.

Comment vous apprendre le malheur... ?

MELAC PERE.

Sortez de ce trouble. Parlez.

: DABINS.

Cette lettre que je recois 4 l’instant...

MELAC PERE.

Que dit-elle de sinistre?

DABINS.

Vous aimez monsieur Aurelly ?

; MELAC PERE.

Si je ’aime! Vous me faites trembler.

DABINS.

A moins @’un miracle , il faut qu'il manque 4 ses payements demain. Il faut...

MELAG PERE regardant de tous cétés. ‘

Malheureux ! si quelqu’un vous entendait... Vous perdez le sens... D’oit savez-vous ?... Cela ne saurait étre.

DABINS.

Vai prévu votre surprise et votre douleur; mais le fait

nest que trop avéré. . ¢ MELAC PERE.

Avéré, dites-vous ? — Je n’ose linterroger. — Monsicur

Dabins , songez-vous a l’importance....? Il m’a troublé. DABINS.

Monsieur Aurelly avait , a Paris, aa huit cent mille francs effets. Chez son ami monsieur de Préfort , je le sais. DABINS. —__

Il me dit, ilya quelque temps, d’écrire a ce correspondant de les vendre, et de m’envoyer tout le papier sur Lyon qu’on pourrait trouver.

MELAC PERE.

Aprés ?

DABINS.

Au lieu d’argent que j’attendais aujourd’hui, son fils me dépéche un courrier , qui a gagné douze:heures sur celui de la poste. >

MELAC PERE.

Eh bien! ce courrier ?

: DABINS.

M’apprend qu’au moment de négocier nos effets , monsieur de Préfort s’est trouvé atteint d’un mal violent qui l’a emporté en deux jours , et qu’on a mis aussit6t les scell¢s sur son cabinet.

MELAC PERE.

Pourquoi cet effroi ? Je regrette Préfort ; mais il laisse une fortune immense. Aurelly réclamera ses effets, qui lui seront remis. C’est tout au plus un retard : achevez.

DABINS.

Pai tout dit. Notre payement était fondé sur ces rentrées , qui n’ont jamais manqué ; nous n’avons pas dix mille francs en Caisse. —

MELAG PERE.

Et vous devez en payer demain..?

DABINS.

Six cent mille. 1] y a-de quoi perdre lesprit.

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