‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 115 sur 487 · ACTE III, SCÈISE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈISE V

PAULINE à Mélac père.

Ah ! mon bon ami , pourquoi craignez-vous de déposer votre secret dans le. sein de mon oncle ? Il vous aime de si bonne foi!

AURELLY indigné.

Moi ! je l'aime?

PAULINE avec ardeur.

Oui , vous l'aimez : ne vous en défendez pas.

AURELLY douloureusement.

Eh bien ! oui , je l'aime , et c'est ma honte ; mais je ne l'estime plus : voilà mon malheur. Il m'est affreux de renoncer à l'opinion que j'avais de lui. La perte entière de ma fortune m'eût été moins sensible.

MÉLAC PÈRE attendri.

Aurelly , attends quelques jours avant de juger ton ami. Ta généreuse colère me pénètre de respect. Crois que sans les plus fortes raisons...

AURELLY.

En est-il contre mes instances ? Parle , malheureux. Coupable ou non , si je puis te servir...

PAULINE

Voyez la douleur où vous nous plongez.

MÉLAC PÈRE pénétré.

Mes chers amis , l'honneur me défend de parler. Je ne suis pas encore coupable; je le deviendrais, si je restais ici plus longtemps. La moindre indiscrétion... Ce moment difficile ne peut il être justifié par ma constante amitié pour vous ? Croyez que , pour se plaire avec cPaussi honnêtes gens , il faut l'être soi-même. ( Il sort. )

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