‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 151 sur 487 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

FIGARO, LE COMTE caché.

FIGARO , une guitare sur le dos, attachée en bandoulière avec un large ruban; il chantonne gaiement, un papier et un crayon à la main. .

Bannissons le chagrin ,

Il nous consume :

Sans le feu du bon vin

Qui nous rallume,

Réduit à languir,

L'homme sans plaisir

Vivrait comme un sot ,

Et mourrait bientôt.

Jusque-là ceci ne va pas mal , ein , ein.

Et mourrait bientôt.

Le vin et la paresse Se disputent mon cœur.

Eh non ! ils ne se le disputent pas, ils y régnent paisiblement ensemble...

Se partagent mon cœur.

Dit-on se partagent?... Eh! mon Dieu, nos faiseurs d'opérascomiques n'y regardent pas de si près. Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit , on le chante.

( 11 chante. ) Le vin et la paresse Se partagent mon cœur.

Je voudrais finir par quelque chose de beau , de brillant , de scintillant , qui eût l'air d'une pensée.

(11 met un genou en terre et écrit en chantant.) Se partagent mon cœur.

Si l'une a ma tendresse

L'autre fait mon bonheur.

Fi donc! c'est plat. Ce n'est pas ça... H me faut une opposition, une antithèse :

Si l'une est ma maîtresse,

L'autre....

Eh! parbleu, j'y suis...

L'autre est mon serviteur.

Fort bien, Figaro!... (Il écrit eu chantant.)

Le vin et la paresse Se partagent mon cœur ;

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