‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 165 sur 487 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

BARTHOLO

Lèvent, le premier venu!... Il n'y a point de vent, madame, point de premier venu dans le monde; et c'est toujours quelqu'un posté là exprès qui ramasse les papiers qu'une femme a l'air de laisser tomber par mégarde.

ROSINE

A l'air , monsieur ?

BARTHOLO

oui , madame, a l'air

ROSINE à part.

Oh ! le méchant vieillard !

BARTHOLO

Mais tout cela n'arrivera plus ; car je vais faire sceller cette grille.

Faites mieux ; murez les fenêtres tout d'un coup : d'une prison à un cachot , la différence est si peu de chose !

BARTHOLO

Pour celles qui donnent sur la rue , ce ne serait peut-être pas si mal... Ce barbier n'est pas entré chez vous, au moins ?

ROSINE

Vous donne-t-il aussi de l'inquiétude?

BARTHOLO

Tout comme un autre.

ROSINE

Que vos répliques sont honnêtes!

BARTHOLO

Ah ! fiez- vous à tout le monde , et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler., et de bons valets pour les y aider.

ROSINE

Quoi! vous n'accordez pas même qu'on ait des principes contre la séduction de monsieur Figaro ?

BARTHOLO

Qui diable entend quelque chose à la bizarrerie des femmes , i l combien j'en ai vu de ces vertus à principes... !

ROSINE en colère.

Mais , monsieur , s'il suffit d'être homme pour nous plaire pour quoi donc me déplaisez- vous si fort ?

BARTHOLO stupéfait.

Pourquoi ?... pourquoi ?... Vous ne répondez pas à ma question sur ce barbier.

ROSINE outrée.

Eh bien oui , cet homme est entré chez moi ; io l'ai vu , je

lui ai parlé. Je ne vous cache pas môme que je l'ai trouvé fort aimable : et puissiez-vous en mourir de dépit 1

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