‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 167 sur 487 · LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

LA JEUNESSE

Voilà plus de cinquante... cinquante fois... dans un moment \ (il cternue) Je SUIS brisé.

BARTHOLO

Comment! je vous demande à tous deux s'il est entré quelqu'un chez Rosine , et vous ne me dites pas que ce barbier... L'ÉVEILLÉ continuant de bâiller.

Est-ce que c'est quelqu'un donc, monsieur Figaro ? Aah ah...

BARTHOLO

Je parie que le rusé s'entend avec lui.

L'ÉVEILLÉ pleurant comme un sot.

Moi. . . je m'entends ! ...

LA JEUNESSE éternuant.

Eh mais , monsieur , y a-t-il. . . y a-t-il de la justice ? .

BARTHOLO

De la justice ! C'est bon entre vous autres misérables , m justice ! Je suis votre maître , moi, pour avoir toujours raison

LA JEUNESSE éternuant.

Mais, pardi, quand une chose est vraie. . .

BARTHOLO

Quand une chose est vraie ! Si je ne veux pas qu'elle soit vraie , je prétends bien qu'elle ne soit pas vraie. Il n'y aurait qu'à permettre à tous ces faquins-là d'avoir raison , vous verriez bientôt ce que deviendrait l'autorité

LA JEUNESSE éternuant.

J'aime autant recevoir mon congé. Un service terrible , et toujours un train d'enfer !

L'ÉVEILLÉ pleurant.

Un pauvre homme de bien est traité comme un misérable.

BARTHOLO

Sors donc, pauvre homme de bien ! (Il les contrefait.) Ët t'chi et t'cha; l'un m'éternue au nez , l'autre m'y bâille.

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