LE COMTE, BARTHOLO
LE COMTE
Oh ! je vous ai reconnu d'abord à votre signalement. BARTHOLO au comte , qui serre la lettre.
Qu'est-ce que c'est donc que vous cachez là dans votre poche ? •
LE COMTE
Je le cache dans ma poche, pour que vous ne sachiez pas ce que c'est.
BARTHOLO
Mon signalement ! Ces gens-là croient toujours parler à des soldats.
LE COMTE
Pensez-vous que ce soit une chose si difficile à faire que votre signalement?
Air : Ici sont venus en personne.
Le chef branlant , la tête chauve , Les yeux vérons, le regard fauve, L'air farouche d'un Algonquin , La taille lourde et déjetée , L'épaule droite surmontée , Le teint grenu d'un Maroquin , Le nez fait comme un baldaquin , La jambe patte -et circonflexe, Le ton bourru , la voix perplexe , Tous les appétits destructeurs ; Enfin , la perle des docteurs (i).
BARTHOLO
Qu'est-ce que cela veut dire? Êtes- vous ici pour m'insulter? Délogez à l'instant.
LE COMTE
Déloger! Ah, fi! que c'est mal parler ! Savez- vous lire, docteur. . .Barbe à l'eau ?
BARTHOLO
Autre question saugrenue.
LE COMTE
Oh! que cela ne vous fasse point de peine; car, moi qui suis pour le moins aussi docteur que vous...
BARTHOLO
Comment cela ?
LE COMTE
Est-ce que je ne suis pas le médecin des chevaux du régiment ? Voilà pourquoi l'on m'a exprès logé chez un confrère.
BARTHOLO
Oser comparer un maréchal...!
Air : Vive le vin. Non , docteur, je ne prétends pas , Que notre art obtienne le pas hanter. | Sur Hippocrate et sa brigade.
Votre savoir, mon camarade , Est d'un succès plus général ; Car s'il n'emporte point le mal , U emporte au moins le malade.
C'est-ii poli ce que je vous dis là ?
Sans
En chantant
(i) Bartholo coupe le signalement à l'endroit qu'il lut plaît.