‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 185 sur 487 · LE COMTE, ROSINE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

LE COMTE, ROSINE, BARTHOLO

ROSINE avec une colère simulée.

Tout ce que vous direz est inutile, monsieur. J'ai pris mon parti ; je ne veux plus entendre parler de musique.

BARTHOLO

Écoute donc, mon enfant; c'est le seigneur Alonzo , Yé-

lève et l'ami de don Bazile , choisi par lui pour être un de nos témoins. — La musique te calmera, je t'assure.

ROSINE

Oh ! pour cela, vous pouvez vous en détacher. Si je chante ee soir !... Où donc est-il ce maître que vous craignez de renvoyer ? Je vais , en deux mots , lui donner son compte , et Celui de Bazile. ( Elle aperçoit son amant ; elle fait un cri.) Àh !.... BARTHOLO.

Qu'avez-vous ?

ROSINE les deux mains sur son cœur, avec un grand trouble.

Ah ! mon dieu , monsieur... Ah ! mon dieu, monsieur....

BARTHOLO

Elle se trouve encore mal ! Seigneur Alonzo !

Non, je ne me trouve pas mal mais c'est qu'en m?

tournant Ah !

LE COMTE

Le pied vous a tourné , madame ?

ROSINE

Ah ! oui, le pied m'a tourné. Je me suis fait un mal horrible.

LE COMTE

Je m'en suis bien aperçu.

ROSINE regardant le comte.

Le coup m'a porté au cœur.

BARTHOLO

Un siège , un siège. Et pas un fauteuil ici ?

( 11 va le chercher. )

LE COMTE

Ah ! Rosine î

ROSINE

Quelle imprudence î

LE COMTE

J'ai mille choses essentielles à vous dire.

ROSINE

ïl ne nous quittera pas.

LE COMTE

Figaro va venir nous aider.

BARTHOLO apporte un fauteuil.

Tiens , mignonne, assieds-toi. — Il n'y a pas d'apparence, bachelier, qu'elle prenne de leçon ce soir ; ce sera pour un autre jour. Adieu.

ROSINE au comte.

Non , attendez; ma douleur est un peu apaisée. (A Barthoio.)

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