‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 211 sur 487 · CARACTÈRES ET HABILLEMENTS DE LA PIÈCE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ET HABILLEMENTS DE LA PIÈCE

Ce rôle est d'autant plus pénible à bien rendre, que le personnage est toujours sacrifié. Mais joué par un comédien excellent (M. Molé), il a fait ressortir tous les rôles, et assuré le succès de la pièce.

Son vêtement du premier et second actes est un habit de chasse avec des bottines à mi-jambe , de l'ancien costume espagnol. Du troisième acte jusqu'à la lin , un habit superbe de ce costume.

LA COMTESSE, agitée de deux sentiments contraires, ne doit montrer qu'une sensibilité réprimée , ou une colère très-modérée ; rien surtout qui dégrade, aux yeux du spectateur, son caractère aimable et vertueux. Ce rôle , un des plus difficiles dé la pièce , a fait infiniment d'honneur au grand talent de mademoiselle Saint- Val cadette.

Son vêtement du premier, second et quatrième actes , est une lévite commode, et nul ornement sur la tête : elle est chez elle , et censée incommodée. Au cinquième acte elle a l'habillement et la haute coiffure de Suzanne.

FIGARO. L'on ne peut trop recommander à l'acteur qui jouera ce rôle , de bien se pénétrer de son esprit , comme l'a fait M. Dazin court. S'il y voyait autre chose que de la raison assaisonnée de gaieté et de saillies, surtout s'il y mettait la moindre charge, il avilirait un rôle que le premier comique du théâtre, M. Préville, a jugé devoir honorer le talent de tout comédien qui saurait en saisir les nuances multipliées, et pourrait s'élever à son entière conception.

Son vêtement comme dans le Barbier de Séville. , SUZANNE. Jeune personne adroite, spirituelle et rieuse mais non de cette gaieté presque effrontée de nos soubrettes corruptrices; son joli caractère est dessiné dans la préface, et c'est là que l'actrice qui n'a point vu mademoiselle Contât doit l'étudier pour le bien rendre.

Son vêtement des quatre premiers actes est un juste blanc à basquines, très-élégant, la jupe de même, avec une toque, appelée depuis par nos marchandes , à la Suzanne. Dans la fête du quatrième acte , le comte lui pose sur la tête une toque à long voile, à hautes plumes et à rubans blancs. Elle porte au cinquième acte la lévite de sa maîtresse , et nul ornement sur la tête.

MARCELINE est une femme d'esprit, née un peu vive, mais dont les fautes et l'expérience ont réformé le caractère. Si l'actrice qui le joue s'élève avec une fierté bien placée à la hauteur très-morale qui suit la reconnaissance du troisième acte, elle ajoutera beaucoup à l'intérêt de l'ouvrage.

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