‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 233 sur 487 · CHÉRUBIN, FIGARO, BAZILE · texte numérisé non relu

CHÉRUBIN, FIGARO, BAZILE

Pendant qu'on sort, Figaro les arrête tous deux et les ramène. FIGARO.

Ah çà, vous autres, la cérémonie adoptée, ma fête de ce

LE MARIAGE DE FIGARO

soir en est la suite ; il faut bravement nous recorder : ne faisons point comme ces acteurs qui ne jouent jamais si mai que le jour où la critique est le plus éveillée. Nous n'avons point de lendemain qui nous excuse, nous. Sachons bien nos rôles aujourd'hui.

BAZILE malignement.

Le mien est plus difficile que tu ne crois.

FIGARO faisant, sans qu'il le voie, le geste de le rosser. Tu es loin aussi de savoir tout le succès qu'il te vaudra.

CHÉRUBIN

Mon ami , tu oublies que je pars.

FIGARO

Et toi , tu voudrais bien rester !

CHÉRUBIN

Ah ! si je le voudrais !

FIGARO

Il faut ruser. Point de murmure à ton départ. Le manteau de voyage à l'épaule ; arrange ouvertement ta trousse , et qu'on voie ton cheval à la grille;, un temps de galop jusqu'à la ferme ; reviens à pied par les derrières. Monseigneur te croira parti; tiens-toi seulement hors de sa vue; je me charge de l'apaiser après la fête.

CHÉRUBIN

Mais Fanchette qui ne sait pas son rôle !

BaZILE.

Que diable lui apprenez- vous donc , depuis huit jours que vous ne la quittez pas ?

FIGARO

Tu n'as rien à faire aujourd'hui : donne-lui , par grâce, une leçon.

BAZILE

Prenez garde, jeune homme, prenez garde ! le père n'est pas satisfait ; la fille a été souffletée ; elle n'étudie pas avec vous : Chérubin! Chérubin! vous lui causerez des chagrins! Tant va la cruche à Veau.., !

FIGARO

Ah! voilà notre imbécile avec ses vieux proverbes! Hé bien! pédant, que dit la sagesse des nations? Tant va la cruche à Veau, qu'à la fin...

BAZfLE.

Elle s'emplit.

FIGARO en s'en allant,

Pas si bête, pourtant, pas si bAte \

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