‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 257 sur 487 · ACTE II, SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIX

LA COMTESSE

Vous me faites rire , et j'en ai peu d'envie.

LE COMTE

Nous croyons valoir quelque chose en politique , et nous ne sommes que des enfants. C'est vous, c'est vous, madame, que le roi devrait envoyer en ambassade à Londres! Il faut que votre sexe ait fait une étude bien réfléchie de l'art de se composer, pour réussir à ce point !

C'est toujours vous qui nous y forcez.

SUZANNE

Laissez-nous prisonniers sur parole, et vous verrez si nous sommes gens d'honneur.

LA COMTESSE

Brisons-là, monsieur le comte. J'ai peut-être été trop loin; mais mon indulgence en un cas aussi grave doit au moins m 'obtenir la vôtre.

LE COMTE

Mais vous répéterez que vous me pardonnez.,

LA COMTESSE

Est-ce que je l'ai dit, Suzon ?

SUZANNE

Je ne l'ai pas entendu, madame.

LE COMTE

Eh bien] que ce mot vous échappe!

LA COMTESSE

Le méritez-vous donc, ingrat ?

LE COMTE

Oui, par mon repentir.

SUZANNE

Soupçonner un homme dans le cabinet de madame î

Elle m'en a si sévèrement puni !

SUZANNE

Ne pas s'en fier à elle , quand elle dit que c'est sa camariste !

LE COMTE

Rosine, êtes-vous donc implacable?

LA COMTESSE

Ah! Suzon, que je suis faible ! quel exemple je te donne ! (Tendant la main au comte.) On ne croira plus à la colère des femmes. .

346 LE MARIAGE DE FIGARO

SUZANNE

Boni madame, avec eux, ne faut-il pas toujours en venir ià?

(Le comte baise ardemment la main de sa femme.^

Page 1