ACTE IV, SCENE X. 395 FIGARO s'avance à lui
Oui, c'est pour cela justement qu'il a des ailes au dos. Notre ami, qu'entendez-vous par cette musique?
BAZILE montrant Gripe-Soleil.
Qu'après avoir prouvé mon obéissance à monseigneur en amusant monsieur, qui est de sa compagnie, je pourrai à mon tour réclamer sa justice.
GRIPErSOLEIL.
Bah ! monseigneu , il ne m'a pas amusé du tout a\ecleux guenilles d'ariettes...
LE COMTE
Enfin que demandez-vous , Bazile ?
BAZILE
Ce qui m'appartient, monseigneur, la main de Marceline ; et j e viens m'opposer ...
FIGARQ s'approche
Y a-t-il longtemps que monsieur n'a vu la figure d'un fou ? bazile.
Monsieur, en ce moment même.
FIGARO
Puisque mes yeux vous servent si bien de miroir, étudiez- / l'effet de ma prédiction. Si vous faites mine seulement d'approximer madame. . .
BARTHOLO en riant.
Eh pourquoi ? Laisse-le parler.
BRïd'oisoN s'avance entre deux.
Fau-aut-il que deux amis... ?
FIGARO
Nous , amisî
BAZILE
Quelle erreur!
FIGARO vite.
Parce qu'il fait de plats airs de chapelle?
BAZILE vite.
Et lui , des vers comme un journal ?
FIGARO vite.
Un musicien de guinguette !
bazile vite.
Un postillon de gazette !
FIGARO vite.
Cuistre d'oratorio !
BAZILE vite.
Jockey diplomatique î
39fi LE MARIAGE DE FiGARO,
LE COMTE assis.
Insolents tons les deux !
BAZILE
Il me manque en toute occasion.
FIGARO
C'est bien dit , si cela se pouvait !
BAZILE
Disant partout que je ne suis qu'un sot.
FIGARO
Vous me prenez donc pour un écho?
Tandis qu'il n'est pas un chanteur que mon talent n'ait fait briller.
FIGARO
Brailler.
BAZILE
11 le répète !
FIGARO
Et pourquoi non, si cela est vrai? Es-tu un prince, pour qu'on te flagorne? Souffre la vérité, coquin , puisque tu n'as pas de quoi gratifier un menteur : ou si tu la crains de notre part , pourquoi viens-tu troubler nos noces ?
BAZILE à Marceline.
M'avez-vous promis , oui ou non , si , dans quatre ans vous n'étiez pas pourvue , de me donner la préférence ?
MARCELINE
A quelle condition l'ai-je promis ?
BAZILE
Que si vous retrouviez un certain fils perdu, je l'adopterais par complaisance.
TOUS ENSEMBLE
Il est trouvé.
BAZILE
Qu'à cela ne tienne !
TOUS ENSEMBLE, montrant Figaro.
Et le voici.
BAZILE reculant de frayeur.
J'ai vu le diable !
BRID'OISON à Bazile.
Et vou-ous renoncez à sa chère mère !
BAZILE
Qu'y aurait-il de plus fâcheux que d'être cm le père d'un garnement ?
FIGARO
D'en être cru le fils ; tu te moques de moi :