‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 33 sur 487 · ACTE II, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIII

MADAME MURER

Que monsieur a rêvé tout ce qu'il dit ; parce que je sais de très-bonne part , moi , que le comte a d'autres engagements.

LE CAPITAINE

Ah ! oui , quelque illustre infortunée dont il aura ajouté la conquête à la liste nombreuse de ses bonnes fortunes. Nous connaissons» l'homme. Je me souviens effectivement d'avoir entendu dire qu'un goût provincial l'avait tenu quelque temps éloigné de la capitale.

MADAME MURER dédaigneusement.

Un goût provincial ?

LE BARON riant.

Quelque jeune innocente à qui il aura fait faire des découvertes , et dont il s'est amusé apparemment ?

LE CAPITAINE

Voilà tout.

LE BARON d'un air content.

C'est bon , c'est bon. Je ne suis pas fâché que de temps en temps une pauvre abandonnée serve d'exemple aux autres , et tienne un peu ces demoiselles en respect devant les suites de leurs petites passions. Et les père et mère , moi , c'est ce qui me réjouit.

EUGÉNIE à part.

Je ne puis plus soutenir le trouble où je suis.

LE CAPITAINE

Mademoiselle me paraît incommodée.

LE BARON

Ma fille?... qu'as-tu donc, ma chère enfant ?

EUGÉNIE tremblante.

je ne me sens pas bien , mon père.

MADAME MURER

Je vous l'avais dit aussi, ma chère nièce; nous devions nous retirer. Venez , laissons ces messieurs se raconter leurs merveilleuses anecdotes.

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