‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 333 sur 487 · GRIPE-SOLEIL · texte numérisé non relu

GRIPE-SOLEIL

Et la jarretière de la mariée , l'aurons-je?

LA COMTESSE arrache le ruban qu'elle a tant garde dans son sein , et le jette à terre.

La jarretière? Elle était avec ses habits; la voilà. LES GARÇONS de la noce veulent la ramasser. CHÉRUBIN , plus alerte, court la prendre, et dit -

Que celui qui la veut vienne me la disputer!

LE COMTE en riant, au page.

Pour un monsieur si chatouilleux, qu'avez-vous trouvé de gai à certain soufflet de tantôt ?

CHÉRUBIN recule en tirant à moitié son épée.'

A moi , mon colonel ?

FIGARO avec une colère comique.

C'est sur ma joue qu'il Ta reçu : voilà comme les grands font justice!

LE COMTE riant.

C'est sur sa joue? Ah, ah, ah! qu'en dites-vous donc , ma cl 1ère comtesse?

LA COMTESSE absorbée revient à elle, et dit avec sensibilité :

Ah ! oui , cher comte , et pour la vie , sans distraction , je vous le jure.

LE COMTE frappant sur l'épaule du juge.

Et vous, don Brid'oison , votre avis maintenant? brid'oison.

Su-ur tout ce que je vois, monsieur le comte?... Ma-a foi, pour moi je-e ne sais que vous dire : voilà ma façon de penser.

TOUS ENSEMBLE

Bien jugé!

FIGARO

J'étais pauvre, on me méprisait. J'ai montré quelque esprit , la haine est accourue. Une jolie femme et de la fortune...

BARTHOLO en riant.

Les cœurs vont te revenir en foule.

FIGARO

Est-il possible?

LE MARIAGE DE FIGARO

BARTHOLO

Je les connais.

FIGARO saluant les spectateurs.

Ma femme et mon bien mis à part , tous me feront honneur et plaisir.

On joue la ritournelle du vaudeville. (Air noté.)

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