‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 39 sur 487 · EUGÉNIE, LE BARON · texte numérisé non relu

EUGÉNIE, LE BARON

LE BARON

Tu es ressortie, mon enfant ; ton état m'inquiète.

EUGÉNIE à part,

Que lui dirai -je? (Elle veut se lever, son père la fait rasseoir.) LE BARON avec bonté.

Tes yeux sont rouges : tu as pleuré. Ma sœur t'aura sans doute...

EUGÉNIE tremblante.

Non , non , monsieur ; ses bontés et les vôtres seront toujours présentes à ma mémoire.

LE BARON

Ta tante prétend que je t'ai affligée tantôt. Je badinais avec le capitaine , et le tout pour la contrarier un moment ; car elle est engouée de ce milord , qui franchement est bien le plus mauvais sujet... Dès qu'on en dit un mot, elle vous saute aux yeux. Que nous importe qu'il se soit amusé d'une folle, et qu'il l'ait abandonnée ? Ce n'est pas la centième. On- ferait peut-être mieux de ne pas rire de ces choses-là ; mais lorsqu'elles n'intéressent personne, et que les détails en sont plaisants.... C'est une drôle de femme avec son esprit. Au reste, si notre conversation t'a déplu, je t'en demande pardon, mon entant.

EUGÉNIE à part.

Je suis hors de moi !

LE BARON tirant un siège auprès d'elle, et la baisant avant de s'asseoir.

Viens , mon Eugénie , baise-moi. Tu es sage , toi , honnête, douce : tu mérites toute ma tendresse.

EUGÉNIE, troublée, se lève.

Mon père ! . . .

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