ACTE V, SCÈNE IV
M. F AL vivement.
Non , monsieur, au contraire. Il est resté plus d'une heure avec moi , m'a fait achever le contrat, y insérer la donation qu'il fait. Puis il m'a remis mon reçu , au bas duquel était le vôtre, en me disant que la somme est à lui, qu'elle est un fruit d'hérédité, qu'il vous l'a remise en confiance...
LE COMTE
O scélérat! Il n'oublie rien!
FIGARO
Que de trembler sur l'avenir !
M. F AL
Avec ces éclaircissements , ai-je pu refuser le portefeuille qu'il exigeait ? Ce sont trois millions au porteur. Si vous rompez le mariage , et qu'il veuille garder l'argent , c'est un mal presque sans remède.
LE COMTE avec véhémence.
Que tout l'or du monde périsse , et que je sois débarrassé de lui !
FIGARO jetant son chapeau sur un fauteuil, Dussé-je être pendu , il n'en gardera pas une obole ! (A Suzanne.) Veille au dehors, Suzanne. - (Elle sort.)
M. FAL
Avez-vous un moyen de lui faire avouer devant de bons témoins qu'il tient ce trésor de monsieur ? Sans cela , je déûe qu'on puisse le lui arracher.
FIGARO
S'il apprend par son Allemand ce qui se passe dans l'hôtel , il n'y rentrera plus.
LE COMTE vivement.
Tant mieux ! c'est tout ce que je veux. Ah! qu'il garde le reste.
FIGARO vivement.
Lui laisser par dépit l'héritage de vos enfants? ce n'est pas vertu, c'est faiblesse.
LÉON fâché.
Figaro !
FIGARO plus fort.
Je ne m'en dédis point. (Au comte.) Qu'obtiendra donc de vous l'attachement, si vous payez ainsi la perfidie ?
LE COMTE se fâchant.
Mais l'entreprendre sans succès, c'est lui ménager un triomphe...
LA MÈRE COUPABLE