‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 457 sur 487 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

A suivre une juste vengeance.

TARARE la main sur la poitrine.

Seigneur , je remplirai le double engagement De la vengeance et du commandement.

(Au peuple. )

Qui veut la gloire A la victoire Vole avec moi !

TOUS

C'est moi , c'est moi !

TARARE

Sujets , esclaves , Que les plus braves Donnent leur foi.

TOUS

C'est moi, c'est moi î.

TARARE

Ni paix , ni trêve !

L'horreur du glaive Fera la loi.

TOUS

C'est moi , c'est moi î

Qui veut la gloire A la victoire Vole avec moi l

TOUS

C'est moi , c'est moi î

ATAR à part.

Je ne puis soutenir la clameur importune

D'un peuple entier sourd à ma voix .

( Il veut descendre. ) ALTAMORT l'arrête.

Ce choix est une injure à tous tes chefs commune 11 attaque nos premiers droits.

L'arrogant soldat de fortune Doit-il aux grands dicter des lois ?

TARARE fièrement.

Apprends, fils orgueilleux des prêtres, Qu'élevé parmi les soldats , Tarare avait , au lieu d'ancêtres , Déjà vaincu dans cent combats ; (Avec un grand dédain.)

Qu'Ai tamort enfant, dans la plaine,

TARARE

Poursuivait les fleurs des chardons Que les Zéphyrs , de leur haleine , Font voler au sommet des monts.

ALTAMORT la main au sabre.

Sans le respect d'Atar , vil objet de ma haine...

TARARE bien dédaigneux.

Du destin de l'État tu prétends décider ! Fougueux adolescent , qui veux nous commander , Pour titre , ici , n'as-tu que des injures. Quels ennemis t'a-t-on vu terrasser?

Quels torrents osas-tu passer ?

Où sont tes exploits , tes blessures ?

ALTAMORT en fureur.

Toi , qui de ce haut rang brûles de t'approcher , Apprends que sur mon corps il te faudra marcher.

(Il tire sou sabre. ) ARTHENÉE troublé.

O désespoir 1 ô frénésie !

Mon fils!...

ALTAMORT plus furieux.

A ce brigand j'arracherai la vie.

TARARE froidement.

Calme ta fureur , Altamort !

Ce sombre feu , quand il s'allume , Détruit les forces , nous consume :

Le guerrier en colère est mort.

(Il tire son sabre.) ARTHENÉE s'écrie.

Le temple de nos dieux est-il donc une arène ?

ATAR se lève.

Arrêtez !

TARARE

J'obéis... (A Altamort, lui prenant la main. )

Toi , ce soir , à la plaine.

( A Galpigi, à part, pendant qu'Àtar descend de son trône.) Et toi , fidèle ami , sans fanal et sans bruit , Au verger du sérail attends-moi cette nuit. (Atar lui remet le bâton de commandement, au bruit d'une fanfare.}

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