SCÈNE VIII
LE BARON, madame MURER, EUGÉNIE.
MADAME MURER avec horreur.
Il nous a trompés indignement ! Ma nièce n'est pas sa femme.
EUGÉNIE les bras levés.
Dieu tout-puissant ! (Bile tombe dans un fauteuil.)
MADAME MURER
Son intendant a servi de ministre, et toute la race infernale, de complices.
EÙGfcN IF.,
LE BARON frappant du pied.
Rage! fureur! O femmes, qu'avez-vous fait?
MADAME MURER effrayée.
Mon frère, par pitié, suspendez vos reproches. Ne voyeavous pas l'état où elle est?
EUGÉNIE se relevant.
Non, ne l'arrêtez pas ! Je n'ai plus rien à craindre que de vivre... Mon père, j'implore votre colère...
LE BARON hors de lui.
Et tu Tas méritée... Sexe perfide! femmes à jamais le trouble et le déshonneur des familles ! Noyez-vous maintenant dans des larmes inutiles... Avez-vous cru vous soustraire à mon ohéissance? avez-vous cru violer impunément le plus saint des devoirs?... Tu Tas osé; toutes tes démarches se sont trouvées fausses ; tu as été séduite , trompée, déshonorée ; et le ciel t'en punit par l'abandon de ton père et sa malédiction ,
EUGÉNIE s'élançant vers le baron, et le retenant à bras le corps. Ah 3 mon père , ayez pitié de mon désespoir ; révoquez l'épouvantable arrêt que vous venez de prononcer.
LE BARON, attendri , la repousse doucement.
Otez-vous de mes yeux : vous m'avez rendu le plus misérable des hommes. (Il sort.)