‹ Théatre de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 85 sur 487 · ACTE I, SCÈNE Y II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Y II

MÉLAC PERE

pourquoi le renfermer, s'il n'est que raisonnable? Riez avec elle , dans la société , devant moi , devant son oncle, trèsbien : mais c'est lorsque vous la trouvez seule, mon fils , qu'il faut la respecter. La première punition de celui qui manque à la décence est d'en perdre bientôt le goût ; une faute en amène une autre , elles s'accumulent ; le cœur se déprave ; on ne sent plus le frein de l'honnêteté que pour s'armer contre lui : on commence par être faible , on finit par être vicieux.

MÉLAC FILS déconcerté.

Mon père , ai-je donc mérité une aussi sévère réprimande ?

MÉLAC PÈRE d'un ton plus doux.

Des avis ne sont point des reproches. Allez , mon fils ; mais n'oubliez jamais que la nièce de votre ami , du bienfaiteur de votre père, doit être sacrée pour vous. Souvenez-vous qu'elle n'a point de mère qui veille à sa sûreté. Songez que mon honneur et le vôtre doivent être ici les appuis de son innocence et de sa réputation. Allez vous habiller.

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