ACTE I, SCÈNE Y II
MÉLAC PERE
pourquoi le renfermer, s'il n'est que raisonnable? Riez avec elle , dans la société , devant moi , devant son oncle, trèsbien : mais c'est lorsque vous la trouvez seule, mon fils , qu'il faut la respecter. La première punition de celui qui manque à la décence est d'en perdre bientôt le goût ; une faute en amène une autre , elles s'accumulent ; le cœur se déprave ; on ne sent plus le frein de l'honnêteté que pour s'armer contre lui : on commence par être faible , on finit par être vicieux.
MÉLAC FILS déconcerté.
Mon père , ai-je donc mérité une aussi sévère réprimande ?
MÉLAC PÈRE d'un ton plus doux.
Des avis ne sont point des reproches. Allez , mon fils ; mais n'oubliez jamais que la nièce de votre ami , du bienfaiteur de votre père, doit être sacrée pour vous. Souvenez-vous qu'elle n'a point de mère qui veille à sa sûreté. Songez que mon honneur et le vôtre doivent être ici les appuis de son innocence et de sa réputation. Allez vous habiller.