‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 105 sur 262 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LA COMTESSE, au devant.

Arrêtez, monsieur, je vous iftle ! Me cpoyez-vou& capable ■^^ manquer à ce que je me dois ?

LE COMTE

Tout ce qu'il vous plaira, madame; mais je verrai qui est r lins ce cabinet.

LA COMTESSE, effrayée.

Eh bien, monsieur, vous le verrez. Écoutez-moi... tran- ^^ement.

Ce n'est donc pas Suzanne?

LA COMTESSE, timidement.

Au moins n'est-ce pas non plus Une personne... dont vous

jfiyiez rien redouter... Nous disposions une jplaisanterie...

Men Innocente, en vérité, pour ce soir...; et je vous Jure..,

LE COMTE

Et vous me jurez...?

LA COMTESSE

Que nous n'avions pas plus de dessein de vous oflenser *un que l'autre.

LE COMTE, vite.

■ L'un que l'autre? C'est un homme ? -^-^

*• LA COMTESSE

^ Un enfant, monsieur.

-j LE COMTE.

I Eh qui donc ?

LA COMTESSE

A peine osé-je le nommer I

LE COMTE, furieux.

Je le tuerai.

LA COMTESSE

Grands dieux I

Parlez donc I

LA COMTESSE

Ce jeune... Chérubin.. "^^ -

LE COMTE

Chérubin 1 l'insolent I Voilà mes soupçons et le billot expl[« qués.

LA COMTESSE, joignant les mains.

Ah! monsieur! gardez de penser...

LE COMTE, frappant da pied, à part.

Je trouverai i)artout ce maudit page 1 (Haut.) Allons, madame, ouvrez ; je sais tout maintenant. Vous n'auriez pas

élô si ùmuc, en le congédiant ce malin ; il serait parti qi je l'ai ordonné; vous n'auriez pas mis tant de fausseté votre conte de Suzanne; il ne se serait pas si soigneuM

caché, s'il n'y avait rien de criminel.

LA COMTESSE

Il a craint de vous irriter en se montrant.

LE COMTE, hors (le loi, et criant, tourné rerg la cabinet.

Sors donc, petit malhcureuxl

LA COMTESSE, le prend à bras-le-corpg, «n rëloignaat.

Ah! monsieur, monsieur, votre colère me Tait Iran pour lui. N'en croyez pas un injuste soupçon, de gràc que le désordre où* vous l'allez trouver...

Du désordre I

LA COMTESSE

Hélas oui! Prêt à s'habiller en femme, une coiflurei sur la tête, en veste et sans manteau, le col ouvert, les

nus : il allait essayer...

LE COMTE

Et vous vouliez garder votre chambre ! Indigne épc ah! vous la garderez... longtemps; mais il faut avan j'en chasse un insolent, de manière à ne plus le renco nulle part.

LA COMTESSE so jette h. genoux, les bras élaTét.

Monsieur le comte, épargnez un eni'ant; je ne me coi rais pas d'avoir causé...

LE COMTE

Vos frayeurs aggravent son crime.

LA COMTESSE

Il n'est pas coupable, il partait : c'est moi qui Ta appeler.

LE COMTE, furieux.

Levez-vous. Otez- VOUS... Tu es bien audacieuse d'oM parler pour un autre!

LA COMTESSE

Eh bien, je m'ôterai, monsieur, je me lèverai; je remellrai même la clef du cabinet ; mais, au nom de ^ amour...

LE COMTE

De mon amour, perfide !

LA COMTESSE se lève et lai présente la clef.

Promettez-moi que vous laisserez aller cet enfant san faire aucun mal; et puisse après tout votre courroux toi sur moi, si je ne vous convaincs pas...

LE COMTE, prenant la elef.

Je n'écoute plus rien.

i ACTE DEUXIÈME. 169

lu LA COMTESSE se jetle sur une bergère, un mouchoir sur les yeux. Hfi ciel ! il va périr I S^^ LE COMTy ouvre la porte et recule.

C'est Suzanne!

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