ACTE PREMIER
LÉ COMtB.
Sans doute. £h biea?
FIGARO, rêrant.
Je cherche dans ma tête si la pharmacie ne fournirait pas .^jelques petits moyens innocents...
LE GOMT£.
Scélérat 1
FIGARO
Est-ce que je veux leur nuire? Ils ont tous besoin de mon Kiinistère. Il ne s'agit que de les traiter ensemble.
LE COMTE
Mais ce médecin peut prendre un soupçon.
FIGARO
Il faut marcher si vite que le soupçon n'ait pas le temps de naître. Il me vient une idée : le régiment de Royal- [nfant arrive en cette ville.
LE COMTE
Le colonel est de mes amis.
FIGARO
Bon. Présentez-vous chez le docteur en habit de cavalier, avec un billet de logement; il faudra bien qu'il vous héberge; et moi, je me charge du reste.
LE COMTE
Excellent!
FIGARO
Il ne serait même pas mal que Voiis eussiez Tair entre deux vins...
LE COMTE
A quoi bon?
FIGARO
Et le mener un peu lestement sous cette apparence déraisonnable.
LE COMTE
A quoi bon?
FIGARO
Pour qu'il ne prenne aucun ombrage, et vous croie plus pressé de dormir que d'intriguer chez lui.
LE COMTE
Supérieurement vu! Mais que n'y vas-tu, toi?
FIGARO
Ah! oui, moi ! Nous serons bien heureux s'il ne vous reconnaît pas, vous qu'il n'a jamais vu. Et comment vous introduire aprè^?
m LE BARBIER DE SEVILLE.
LE COMTE
Tu as raison.
FIGARO
C'est que vous ne pourrez peut-être pas soutenir oe| sonnage difficile. Cavalier... pris de vin...
LE COMTE
Tu te moques de moi. (Prenant un ton i?re.) N'e8(-C6 |É
ici la maison du docteur Barthoio, mon ami ?
FIGARO
Pas mal, en vérité; vos jambes seulement un peii|l avinées. (D'un ton plus ivre.) N'est-ce pas ici la maison...
Fi donc ! tu as Tivresse du peuple. 1
FIGARO. I
C'est la bonne; c'est celle du plaisir.
LE COMTE
La porte s'ouvre.
FIGARO
C'est notre homme : éloignons-nous jusqu'à ce qu'il mI parti.