‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 21 sur 262 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BARTHOLO

Le vent, le premier venu!... Il n'y a point de vent, naadame, point de premier venu dans le monde; et c'est toujours quelqu'un posté là exprès qui ramasse les papiers qu'une femme a Tair de laisser tomber par mégarde.

ROSINE

A Tair, monsieur ?

Oui, madame, a l'air.

ROSINE à part. ]

Oh! le méchant vieillard!

BARTHOLO

Mais tout cela n'arrivera plus; car je vais faire sceller cette grille.

ROSINE

Faites mieux; murez les fenêtres tout d'un coup : d'une prison à un cachot, la différence est si peu de chose!

BARTHOLO

Pour celles qui donnent sur la rue, ce ne serait peut-être pas si mal... Ce barbier n'est pas entré chez vous, au moins?

ROSINE

Vous donne-t-il aussi de l'iiiquiélude?

BARTHOLO

Tout comme un autre.

ROSINE

Que vos répliques sont honnêtes!

BARTHOLO

Ah! hez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler, el de bons valets pour les y aider.

ROSINE

Quoi I vous n'accordez pas même qu'on ait des principes contre la séduction de M. Figaro?

Qui diable entend quelque chose à la bizarrerie des femmes, et combien j'en ai vu de ces vertus à principes...!

ROSINE, en colère.

Mais, monsieur, s'il sulhid être homme pour nous plaire, pourquoi donc me déplaisez- vous si fort?

BARTHOLO stupéfait.

Pourquoi?... pourquoi?... Vous ne répondez pas à ma question sur ce barbier.

ROSINE^ outrée.

Eh bien 1 oui, cet homme est entré chez moi; je l'ai vu, je lui ai parlé. Je ne vous cache pas même que je l'ai trouvé fort aimable ; et puissiez- vous en mourir de dépit !(EUe sort.)

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