‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 223 sur 262 · LA COMTESSE, SUZANNE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, SUZANNE

LA COMTESSE

Je n'ai pu rien tirer de cette eniant. — Ce sont des pleurs, ^ étouffements !... Elle se croit des torts envers moi, m'a

demandé cent fois pardon ; elle veut aller au couvent. Si je , rapproche tout ceci de sa conduite envers mon fils, je pre-r! sume qu'elle se reproche d'avoir écouté son amour, entre-^ tenu ses espérances, ne se croyant pas un parti assez consi-^* dérable pour lui. — Charmante délicatesse I excès d'une 'l aimable vertu! M. Béeearss apparemment lui en a tou-*^ ché quelques motsqui 1 auront amenée à s'affliger sur ellei ™ car c'est un homme si scrupuleux et si délicat sur l'honneur, ^^ qu'il s'exagère quelquefois, et se fait des fantômes où les , autres ne voient rien. i

SUZANNE

J'ignore d'où provient le mal; mais il se passe ici des cho- * ses bien étranges! Quelque démon y souffle un feu secret. Notre maître est sombre à périr; il nous éloigne tous de lui. «i Vous êtes sans cesse à pleurer. Mademoiselle est suffoquée; monsieur votre fils désolé!... M. Bégearss lui seul, imper- . turbable comme un dieu, semble n'être affecté de rien; voit* tous vos chagrins d'un œil sec... ^

LA COMTESSE

Mon enfant, son cœur les partage. Hélas! sans ce conso- jj la leur, qui verse un baume sur nos plaies, dont la sagesse nous soutient, adoucit toutes les aigreurs, calme mou iras- . cible époux, nous serions bien plus malheureux! '

Je souhaite, madame, que vous ne vous abusiez pas. \

LA COMTESSE

Je t'ai vue autrefois lui rendre plus de justice. (Sniannê ) baisse les yenx.) Au resie, il peut seul me tirer du trouble où cette enfant m'a mise. Fais-le prier de descendre chez moi.

SUZANNE

Le voici qui vient à propos ; vous vous ferez coiffer plus

tard. (Elle sort.)

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