‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 226 sur 262 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LA COMTESSE dûaloareugement.

Aht mon ami, par compassion pour moi...

ITen parlons plus. Quelques mois d'établissement, tournés sott-lfone forme équivoque, ont fait penser à Florestine qu'il itait question de Léon. Son jeune cœur s'en épanouissait, luand un valet vous annonça. Sans m'expliquer depuis sur les vues de son père, un mot de moi, la ramenant aux sé- Tères idées de la fraternité, a produit cet orage, et la reli- (ieuse horreur dont votre fils ni vous ne pénétriez le motif.

LA COMTESSE

n en était bien loin, le pauvre enfant 1

BÉGEARSS

Maintenant qu'il vous est connu, devons-nous suivre ce projet d'une union qui répare tout?...

LA COMTESSE vivement.

n faut s'y tenir, mon ami ; mon cœur et mon esprit sont faecord sur ce points et c'est à moi de la déterminer. Par là, 108 secrets sont couverts* nul étranger ne les pénétrera. après vingt années de souffrances, nous passerons des jours heureux, et c'est à vous, mon digne ami, que ma famille les devra.

BÉGEARSS élevant la voix.

Pour que rien ne les trouble plus, il faut encore un sacri- §ce, et mon amie est digne de le faire.

LA COMTESSE

Hélas! je veux les faire tous.

BÉGEARSS l'air imposant.

Ces lettres, ces papiers d'un infortuné qui n'est plus, il faudra les réduire en cendres.

LA COMTESSE avec doulenr.

Ah! Dieu!

BÉGEARSS

Quand cet ami mourant me chargea de vous les remettre, £on dernier ordre fut qu'il fallait sauver votre honneur, en De laissant aucune trace de ce qui pourrait l'altérer.

LA COMTESSE

Dieu ! Dieu !

BÉGEARSS

Vingt ans se sont passés sans que j'aie pu obtenir que ce triste aliment de votre éternelle douleur s'éloignât de vos yeux. Mais, indépendamment du mal que tout cela vous fait, voyez quel danger vous courez !

LA COMTESSE

Eh! que peul-onavoirà craindre?

BÉGEARSS regardant si oo poat T entendre.

(parlant bas.) Je ne soupçonne point Suzanne; niais uo femme de chambre, instruite (lue vous conservez ces papiei? ne pourrait-elle pas un jour s'en faire un moyen de fo^j^r tune? Un seul remis à votre époux, que peul-être il payerai bien cher, vous plongerait dans des malheurs. ., *

LA COMTESSE. ''^L

Non; Suzanne a le cœur trop bon... *^

BÉGEARSS d'un ton plus élevé, très-ferme.

Ma respectabie amie^ vous avez payé votre detle à la i&tùfM^ dresse, à la douleur, à vos devoirs dé tous les genres; et s vous êtes satisfaite de la conduite d'un ami, j'en veux avoiw^^ la récompense. Il faut brûler tous ces papiers, éteindre touf^^ ces souvenirs d'une faute autant expiée! Mais, pour ne jih mais revenir sur un sujet si douloureux, j'exige que le sacâ fice en soit fait dans ce même instant.

LA COMTESSE tremblante.

Je crois entendre Dieu qui parle! Il m'ordonne de Tou* bher, de déchirer le crêpe obscur dont sa mort a couvert ma vie. Oui, mon Dieu! je vais obéir à cet ami que vous m'a-ic^ vez donné. (Elle sonne.) Ce qu'il exige en votre nom, moii*^ repentir le conseillait; mais ma faiblesse a combattu.

Page 1