‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 25 sur 262 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

éclate et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un nrescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait?

BARTHOLO

Mais quel radotage me faites-vous donc là, Bazile? Et quel rapport ce piano-crescendo peut-il avoir à ma situation?

BAZILE

Comment, quel rapport? Ce qu'on fait partout pour écarter son ennemi, il faut le dire ici pour empêcher le vôtre d'approcher.

BARTHOLO

D'approcher? Je prétends bien épouser Rosine avant qu'elle epprenne seulement que ce comte existe.

En ce cas, vous n'avez pas un instant à perdre.

BARTHOLO

Et à qui tient-il, Bazile ? Je vous ai chargé de tous les détails de cette affaire.

BAZILE

Oui, mais vous avez lésiné sur les frais; et dans l'harmonie du bon ordre, un mariage inégal, un jugement inique, un passe-droit évident, sont des dissonances qu'on doit toujours préparer et sauver par l'accord parfait de l'or.

BARTHOLO, lui donnant de l'argent.

Il faut en passer par où vous voulez; mais finissons.

BAZILE

Cela s'appelle parler. Demain tout sera terminé; c'est à vous d'empêcher que personne, aujourd'hui, ne puisse instruire la pupille.

BARTHOLO

Fiez-vous-en à moi. Viendrez- vous ce soir, Bazile?

BAZILE

:N'y comptez pas. Votre mariage seul m'occupera toute la journée; n'y comptez pas.

BARTHOLO, l'accompagno.

Serviteur.

BAZILE

Restez, docteur, restez donc.

BARTHOLO

Non pas. Je veu)^ fermer sur vous la porte de la rue.

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