‹ Théâtre de BeaumarchaisChapitre 28 sur 262 · SCÈNE XI BARTHOLO, ROSINE · texte numérisé non relu

SCÈNE XI BARTHOLO, ROSINE

ROSINE

Vous étiez ici avec quelqu'un, monsieur?

BARTUOLO.

Don Bazile que j'ai reconduit, et pour cause. Vous eussiez mieux aimé que c'eût été M. Figaro?

ROSINE

Cela m'est fort égal, je vous assure.

BARTHOLO

Je voudrais bien savoir ce que ce barbier avait de si ressé à vous dire ?

ROSIN^. '

Faut-il parler sérieusement ? Il m'a ri^ndu compte de Tétat ie Marceline, qui naême n*est pas Irpp Ijien, à ce qu'il dit.

BÀRTHQJUO.

Vous rendre compte! Je vais parier qu'il était qbargé de, ous remettre quelque lettre.

Et de qui, s'il vpu3 plaît?

BARTHOLO

Oh, de qui! De quelqu'un que les femmes ne nomment amais. Que sais-je, moi? Peut-étrq la rçpon^e au papier ^ Û fenêtre.

ROSINE, à part.

Il n'en a pas manqué une seul^. (Haut.) Vous mériteriez ûen que cela fût.

BARTBOLO regarde les maios de Rosine.

Cela est. Vous avez écrit.

ROSINE, avec embarras.

Il serait assez plaisant que vous eussiez; le projet de m'en aire convenir.

BARTHOLO, lui prenant la main droite.

Moi ! point du tout; mais votre doigt encore taché d'enire I Hein? rusée signera ! *

ROSINE, à part.

Maudit homme !

BARTHOLO, lui tenant toujours la main.

Une femme se croit bien en sûreté, parce qu'elle est seule.

ROSINE

Ah ! sans doute... La belle preuve!... Finissez donc, monlieur, vous me tordez le bras. Je me suis brûlée en chilïonlant autour de cette bougie; et l'on m'a toujours dit qu'il 'allait aussitôt tremper dans l'encre : c'est ce que j'ai fait.

C'est ce que vous avez fait? Voyons donc si un second ténoin confirmera la déposition da premier. C'est ce cahier le papier où je suis certain qu'il y avajit six feuilles ; car je es compte tous les malins, aujourd'hui encore.

ROSINE, à part

Oh! imbécile!...

iD!

m LE BARBIER DE SËVILLE.

BARTHOLO, comptant»

Trois, quatre, cinq...

ROSINE

La sixième...

BÂRTHOLO.

Je vois bien qu'elle n'y est pas, la sixième.

ROSINE, baissant les yenx.

La sixième? Je l'ai employée à faire un cornet pour ta bonbons que j'ai envoyés a la petite Figaro.

BARTHOLO

A la petite Figaro? Et la plume qui était toute neofi^ comment est-elle devenue noire ? Est-ce en écrivant TadraH de la petite Figaro ?

ROSINE, à part.

Cet homme a un instinct de jalousie!... (Haat.) Elle mil servi à retracer une fleur effacée sur la veste que je brode au tambour.

BARTHOLO

Que cela est édifiant ! Pour qu'on vous crût, mon enfant, il faudrait ne pas rougir en déguisant coup sur coup la vérité; mais c'est ce que vous ne savez pas encore.

ROSINE

Eh ! qui ne rougirait pas, monsieur, de voir tirer des conséquences aussi malignes des choses le plus innoceunnent faites ?

BARTHOLO

Certes, j'ai tort. Se brûler le àoigt, le tremper dans l'encre, faire des cornets aux bonbons pour la petite Figaro, et dessiner ma veste au tambour! quoi de plus innocent? Mais que de mensonges entassés pour cacher un seul fait!... € Jf suis seulCy on ne me voit point ; je pourrai mentir à mm aise, » Mais le bout du doigt reste noir, la plume est tachée, le papier manque I On ne saurait penser à tout. Bien certainement, signera, quand j'irai par la ville, un bon double tour me répondra de vous.

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