ACTE DEUXIÈME
ROSINE, renversée.
Malheureuse Rosine 1
Qu'avez- vous donc?
Quel avenir affreux I Rosine f
J'étouffe de fureur.
Elle se trouve mal.
BARTHOLO
ROSINE
BARTHOLO
ROSINE
BARTHOLO
ROSINE
Je m'affaiblis, je meurs.
BARTHOLO loi tâte le pouls et dit, k part :
Dieux! la lettre I Lisons-la sans qu'elle en soit instruite.
(n continae à lui tâter lo pouls, et prend la lettre, qu'il tache de lire en se tournant un peu.)
ROSINE, toujours renversée.
Infortunée! ah!...
BARTHOLO, lui quitte le bras, et dit à part.
Quelle rage a-t-on d'apprendre ce qu'on craint toujours de savoir!
ROSINE
Ahl pauvre Rosine I
BARTHOLO
L'usage des odeurs... produit ces affections spasmo-
diques. (Il lit par derrière le fauteuil en lui lâtant le pouls. Rosine se relève un peu, le regarde finement, fait un gestB de tête, et se remet sans
parler.— A part.) ciel! c'est la lettre de 5on cousin. Maudite inquiétude ! comment l'apaiser maintenant? Qu*elle ignore
au moins que je l'ai lue! (Il fait semblant de la soutenir, et remet la lettre dans la pochette.)
ROSINE soupire.
Ah!...
BARTHOLO
Eh bien, ce n'est rien, mon enfant; un petit mouvement de vapeurs, voilà tout; car ion pouls n'a seulement pas
varié, (il va prendre un flacon sur la console.) ROSINE, à part.
Il a remis la lettre! fort bien.
BARTHOLO
Ha chère Rosine, un peu de cette eau spiritueuse.
ROSINE
Je ne veux rien de vous : laissez-moi.
BARTHOLO
Je conviens que j'ai montré trop de vivacité sur ce bflUt.
ROSmE*
Il s'agit bien du billet 1 C'est votre façon de demander îet choses qui est révoltante.
BARTHOLO, à genoox.
Pardon : j'ai bientôt senti tous mes torts; et tu ihè toil tes pieds, prêt à les réparer.
ROSINE
Oui, pardon I lorsque vous croyez que celte lettre ne ?M pas de mon cousin.
BARTHOLO. , i
Qu'elle soit d'un autre ou de lui, je ne veux aucun édaiN cissement.
ROSINE, lui présentant la lettre.
Vous voyez qu'avec de bonnes façons on obtient tout ds moi. Lisez-la.
BARTHOLO
Cet honnête procédé dissiperait mes soupçons, si j'étais assez malheureux pour en conserver.
ROSINE
Lisez-la donc, monsieur.
BARTUOLO se retire.
A Dieu ne plaise que je te fasse une pareille injure I
Vous me contrariez de la refuser.
BARTHOLO
. Reçois en réparation cette marque de ma parbite OQB^ fiance. Je vais voir la pauvre Marceline, que ce Figaro, l^ii ne sais pourquoi, saignée du pied : n'y viens-tu pas auaat
ROSINE
J'y monterai dans un moment.
BARTHOLO
Puisque la paix est faite, mignonne, donne«moi ta main* Si tu pouvais m'aimer, ahl comme tu serais heureuse I
ROSINE, baissant les yenx.
Si VOUS pouviez me plaire, ahl comme je vous aimerais.
BARTHOLO
Je te plairai, je te plairai; quand Je te dis que je te plairai !(u sort.)