ACTE TROISIÈME. 8i
ROSINE
Il a les yeux égarés.
Le grand air l'aura saisi. '.T
FIGARO
Avez-vous vu comme il parlait tout seul ? Ce que c'est que de nousl (a Barthoio.] Ah çà, vous décidez-vous, cette
fois ? (il lui poasse un faateail très-loin du comte et lui présente le linge.) LE COMTE.
Avant de finir, madame, je dois vous dire un mot essentiel au progrès de l'art que j'ai l'honneur de vous enseigner. (Il s* approche, et lui parle bas à l'oreille.] BARTHOLO, à Figaro.
Eh! mais, il semble que vous le fassiez exprès de vous approcher, et de vous mettre devant moi pour m'empêcher de voir...
LE COMTE, bas à Rosine.
Nous avons la clef de la jalousie, et nous serons ici à mi« nuit.
FIGARO, passe le linge au cou de Barthoio.
Quoi voir ? Si c'était une leçon de danse, on vous passerait d'y regarder; mais du chant!... ah! ahl
BARTHOLO
Qu'est-ce que c'est ?
FIGARO
Je ne sais ce qui m'est enlpé dans l'œil, (ii rapproche sa
tète.)
BARTHOLO
Ne frottez donc pas.
C'est le gauche. Voudriez- vous- me faire le plaisir d'y
souiller un peu fort ? (Barthoio prend la tête de Figaro, regarde par-dessus, le pousse violemment et va derrière les amants écouter leur conversation.)
LE COMTE9 bas à Rosine.
Et quant à voire lettre, je me suis trouvé tantôt dans un tel embarras pour rester ici...
FIGARO, de loin pour avertir.
Heml... hem!...
LE COMTE
Désolé de voir encore mon déguisement inutile... BARTHOLO, passant entre deux.
Voire déguisement inutile I
,8J LE BABBIEB PB SiÉV|LLK.
ROSINE, effrayée.
Ah!...
BARTHOLO
Fort bien, madame, ne vous gênez pas. Cpouhçiq^ t , mes yeux mêmes, en ma présence^ on m'ose outnigw de 11 sorte I
LE COl^TE.
Qu'avez-vous donc, seigneur ?
BARTHOLO
Perficje Alonzo !
LE COMTS. ^^rS-«ivvx
Seigneur Bartholo, si vous avezsouveRt ies tabies /conmi celle dont le hasard me rend léinoin, je ne suis plus étonné de i'éloignexpenl que mademoiselle sx pour ^eve^r f^ femme.
ROSINE
Sa femme! Moi ! Passer mes jours wprès d'un vieux ja- Ijoux, qui, pour tout bonheur, oiire à ma jeunesse ui^ ^9^« vage abominable !
BARTHOLO
Ahl qu'est-ce que j'en tends I
ROSINE
Oui, je le dis tout haut ; je donnerai mon cœur et ma main à celui qui pourra m'arracher de celte horrible prison, où ma personne et mon bien sont retenus contre toute justice.
(Rosine sort.)