SCÈNE VI
COMMINE, MARIE.
MARIE
Que je hais sa raillerie amère !
COM3IIjNtE.
Il faut souffrir de lui ce que le roi tolère. Dans sa soif de connaître, il crut pénétrer tout : Le doute, en l'irritant, l'a conduit au dégoût; Nous mesurons autrui sur ce peu que nous sommes. Et le dégoût de soi mène au mépris des hommes. Mais quel fut ton motif pour craindre un indiscret? Nous voilà seuls ; réponds, et dis-moi ton secret.
MARIE
Ma joie à vos regards d'avance le révèle : Devinez !...
Quelle est donc cette heureuse nouvelle ?
MARIE
Heureuse pour vous-même î
COMMINE.
Et plus cncor pour toi.
MARIE
L'envoyé de Bourgogne attendu par le roi : De son nombreux cortège il remplit le village; Ses armes , son héraut , son brillant équipage , J'ai tout vu.
COMMINE.
Quel est-il ?
MARIE
Le comte de Réthel.
Berthe, dont je le tiens , l'a su du damoisel Qui portait la bannière, où, vassal de la France, Sous la fleur de nos rois le lion d'or s'élance.
COMMINE.
Le comte de Réthel ! cette antique maison N'avait plus d'héritier qui soutînt son grand nom ; A Péronne , du moins , je n'en vis point paraître ; Et je suis étonné de ne le pas connaître.
MARIE
11 a laissé, dit-on , sous les murs de Nanti Le duc , ses chevaliers , son camp...
Nemours aussi, N'est-ce pas, chère enfant?