‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 136 sur 230 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

LU CI

Lord Glocester, votre oncle,aujourd'huivient vous prendre Pour recevoir le roi.

ELISABETH

Vous le ferez attendre.

( le regardant de côté. )

Richard, je vais gronder. —Cher trésor, qu'il est bien!

LUCI , an duc d'York.

Votre frère est un ange, et vous ne valez rien.

le duc d'york.

Voyez-vous l'hypocrite ! il est roi d'Angleterre , Et je ne le suis pas; voilà tout le mystère.

LUCI

Dans le pays de Galle , où chacun l'admirait , Le jour de son départ il a fait un beau trait.

LE DUC D'YORK , se rapprochant.

Lequel?

LUCI

On nous l'écrit.

le duc d'york.

Lequel ? je veux l'apprendre :

L'éloge d'Edouard, j'aime tant à l'entendre !

LUCI , le saisissant.

On vous tient, déserteur!

C'est une trahison;

Mais je me vengerai.

ELISABETH

Demande-lui raison.

(à Luci.)

Abuser de l'amour qu'il montre pour son frère , Ah ! fi ! c'est mal.

LUCI

Amour que je ne comprends guère; Ils sont si différens: l'un gai, bouillant, fougueux; L'autre grave et sensible.

ELISABETH

Aimables tous les deux.

LE DUC D'YORK, à Luci.

Si tu pouvais finir ! pour cette jarretière Faut-il donc à genoux rester une heure entière ?

LUCI

Encor faut-il le temps. Je suis vieille, et mes doigts N'ont plus l'agilité qu'ils avaient autrefois, Mon cher petit Richard.

LE DUC d'yORK.

Petit! quelle injustice!

On est jusqu'à vingt ans petit pour sa nourrice.

LUCI

Un moment, et j'achève.

LE DUC D'YORK , avec impatience.

Est-ce fait?

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