‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 16 sur 230 · UNE PAYSANNE · texte numérisé non relu

UNE PAYSANNE

De ma sœur apaisez les tourmens , Mon père !

MARCEL

Laissez-moi toucher vos vêtemens.

DIDIER

La santé !

MARTHE

De longs jours!

RICHARD

Entrez clans ma chaumière, Homme de Dieu, mon fils reverra la lumière.

FRANÇOIS DE PAULE

C'est Dieu seul, mes enfans, qu'on implore à genoux Moi je ne suis qu'un homme et mortel comme vous. Regardez, j'ai besoin qu'un appui me soulage : Infirme comme vous, je cède au poids de l'âge; Il a courbé mon corps et blanchi mes cheveux.

Voyant ce que je suis, jugez ce que je peux. Homme, je compatis à la souffrance humaine; Vieillard, je plains les maux que la vieillesse amène. Le remède contre eux est de savoir souffrir; Je peux prier pour vous, Dieu seul peut vous guérir. Ne vous aveuglez point par trop de confiance; Consoler et bénir , c'est toute ma science.

RICHARD , à Marcel.

Si j'étais comte ou duc, il eût guéri mon fils.

MARCEL

Il l'eût ressuscité.

FRANÇOIS DE PAULE

Laissez-moi, mes amis; Plus tard j'irai mêler mes prières aux vôtres.

MARCEL, à Richard.

Il guérira le roi.

RICHARD

Dès demain.

MARCEL

Mais nous autres, Valons-nous un miracle?

( Les paysans s'éloignent. )

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