‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 217 sur 230 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

LE DUC D'YORK

Eh bien ! tous deux.

ELISABETH , avec désespoir en tombant assise.

Et moi!,..

(Les deux princes s'élancent vers elle ; Edouard à ses genoux , et Richard sur son sein. )

Moi, je resterai clone seule dans la nature, Ignorant jusqu'au lieu de votre sépulture; Sans que même à voix basse on ose le nommer; Sans avoir, après vous, rien que je puisse aimer; Non, rien; pas un tombeau, pas une froide pierre, Où portant, chaque soir, mon deuil et ma prière, Fidèle au rendez-vous, je dise : les voilà! Quand Dieu voudra de moi , je les rejoindrai là.

EDOUARD

Mourir et vous quitter !... hélas ! j'aimais la vie. Avec quel dévoûment je vous aurais servie! Sans rougir, dans l'exil , j'aurais de mes sueurs Gagné pour vous nourrir un pain mouillé de pleurs ; Mais fléchir Glocester par une ignominie, Faire avec lui marché des droits que je renie, Devenir son sujet, et le plus vil de tous,

( en se relevant. )

Veuve et mère de rois, me le conseillez-vous?

ELISABETH

Jamais le sang d'York n'a pu demander grâce!

Restez, nobles enfans, dignes de votre race; Gardez cette vertu que je dois admirer;

(en entendant la porte s'ouvrir.)

Je pleure et j'en suis fièreL — On vient nous séparer; C'est Tyrrel !

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