ACTE II, SCENE II
MARIE , effrayée.
Un ouvrage du roi '
LE DAUPHIN
Près de lui, dans ces lieux, Je ne suis pas plus libre; et dès que je m'éveille, D'un regard inquiet je vois qu'on me surveille. Me craint-on? qu'ai-je fait? pourquoi me confier Aux soins avilissans de ce maître Olivier?
MARIE
Depuis qu'il est ministre, on l'appelle messire.
LE DAUPHIN
Il me laisse ignorer ce qu'il devrait me dire : Mon oncle d'Orléans ne lui ressemble pas.
MARIE
C'est un nom qu'à la cour on prononce tout bas.
LE DAUPHIN
Des leçons de tous deux voyez la différence : Olivier dit toujours que le roi c'est la France; Et lui : Mon beau neveu, me disait-il ici, La France, c'est le roi , mais c'est le peuple aussi. Je crois qu'il a raison.
MARIE
C'est mon avis.
LE DAUPHIN
Je l'aime.
Mais moins que vous, amie!
Va LOUIS XI.
MARIE
Il vous chérit lui-même.
Le jour de son départ il m'a fait un présent;
( Il tire nn livre de son sein. )
Regardez.
MARIE
Juste ciel ! c'est un livre...
LE DAUPHIN
Amusant; Qui parle de combats, de faits d'armes.
MARIE
JjGLtremble Si le roi le savait!
LE DAUPHIN
Voulez-vous lire ensemble?
MARIE
Non, non.
LE DAUPHIN
Pourquoi?
MARIE
J'ai peur.
LE DAUPHIN
Nous sommes sans témoins.
MARIE, s'en allant.
Non.
.le tn