ACTE II, SCÈNE III
Grand Dieu ! que pour son fils un père est redoutable ! Quand j'aborde le mien, immobile, sans voix, Je me soutiens à peine, et lorsque je le vois Fixer sur mon visage, en serrant la paupière, Ses yeux demi-fermés, d'où jaillit la lumière, Pour dompter mon effroi tout mon amour est vain : Je l'aime, et je frissonne en lui baisant la main.
COMMINE.
Cher prince!
LE DAUPHIN
Mais je cours...
(revenaut prendre son livre sur la table. )
O ciel ! quelle imprudence!
COMMINE.
Qu'avez-vous donc?
LE DAUPHIN
Marie est dans ma confidence :
(à Marie.)
J'ai mon ministre aussi. Vous ne direz rien?
MARIE
Non,
LE DAUPHIN, en sortant.
C'est un secret d'Etat, messire d'Argenton. Adieu.