ACTE II , SCÈNE VIII
Leur pays ne vaut pas mes revenus d'un mois.
COMMUTE.
Ils n'en savent pas moins le défendre avec gloire, Et le duc de Bourgogne..,
LOUIS
On devait, à les croire , Pour ménager le temps, m'éveiller ce matin. Montagnards sans respect ! Et sur leur front hautain , Brûlé des vents du nord, dans leurs glaces stériles, Une santé !...
OLIVIER
Mon Dieu ! sire , les plus débiles Sont celles qui souvent tiennent le plus long-temps : Sans m'en porter moins bien je meurs depuis vingt ans.
LOUIS
Pauvre Olivier! mais va , reçois-les; fais en sorte Que ces pâtres armés n'assiègent plus ma porte. Libres! soit; mais ailleurs. Qu'ils partent, je le veux. Contre mon beau cousin prendre parti pour eux ! Moi ! j'en suis incapable , et je prétends le dire Au comte de Réthel, pour peu qu'il le désire.
(bas à Olivier. )
Traite avec eux.
OLIVIER , de même.
Comment?
A ton gré; mais soit prompt.
Donne ce qu'il faudra , promets ce qu'ils voudront.
OLIVIER
Il suffit.
LOUIS, haut.
Des égards , et fais-leur bon visage ; Qu'un splendide banquet les dispose au voyage. Mes Ecossais et toi, chargez-vous de ce soin.
( à voix basse. )
Avec nos vins de France on peut les mener loin. Des Suisses , c'est tout dire.
(à Coitier.)
Où vas-tu ?
COITIER.
De la fêle Je veux prendre ma part.
LOUIS
Va donc leur lenir tête ; Mais de par tous les saints, Coitier, veille sur toi !
COITIER.
Répondez-moi de vous, je vous réponds de moi.
LOUIS , pendant que Coilier s'éloigne.
Indulgens pour leurs goûts , sans pitié pour les nôtres, Voilà les médecins.