ACTE III, SCÈNE IV. III
LOTIS
Cent ans ! m'en flatter, j'aurais tort ! Pourtant mon astrologue avec elle est d'accord.
OLIVIER
Se peut-il ?
LOUIS
Chose étrange ï
OLIVIER
Et pour moi décisive :
De plus , c'est au moment où le saint homme arrive.
LOTIS
Comme envoyé du ciel !
olivier.
Sire, je la croirais.
LOUIS
Oh! non... mais c'est possible, à cinq ou six ans près; Et fussé-je un cadavre usé par la souffrance , Vivant, je voudrais voir ces tyrans de la France, Ces vassaux souverains, réduits à leurs fleurons De ducs sans apanage et dimpuissans barons, N'offrir de leur grandeur que le noble fantôme; Je voudrais voir leurs fiefs démembrés du royaume, S'y joindre, et ne former sous une même loi Qu'un corps où tout fût peuple, oui, tout... excepté moi.
olivier.
Plût au ciel !
LOUIS
Mon cousin m'a fait plus d'une injure; Qu'un bon cercueil de plomb m'en réponde, et je jure Que les ducs bourguignons, mes sujets bien-aimés, Seront dans son linceul pour jamais renfermés; Et qu'avec eux jamais mon royal héritage N'aura maille à partir pour la foi ni l'hommage. Mais il vit; parlons bas. Ce comte de Réthel, Cet homme incorruptible, ou qu'on a jugé tel, On l'entoure, on l'amuse, il n'a pas vu Marie.
OLIVIKR, lui montrant la chapeile ouverte.
Elle est là.
LOUIS
Je la vois.
OLIVIKR.
C'est pour vous qu'elle prie.
LOUIS
Avec cette ferveur et ce recueillement?
Mon royaume, Olivier, que c'est pour un amant.
OLIVIER
L'enjeu, si je le gagne, est difficile à prendre; Vos ennemis vaincus sont là pour me l'apprendre.
LOUIS, regardant toujours du côté de la chapelle.
Secret déjeune fille est parfois important; Je connaîtrai le sien. Qu'elle vienne!