‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 2)Chapitre 81 sur 230 · ACTE III, SCÈNE XL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XL

NEMOURS , tirant son épée.

Malheur à qui le tente!

(aux chevaliers de sa suite. )

Qu'on l'ose! A moi, Bourgogne!

LOUIS

A moi , France !

FRANÇOIS DE PAULE , saisissant la croix dans les mains d'un prêtre et s'élancant entre les deux parfis.

Arrêtez, Au nom du Dieu sauveur à qui vous insultez!

NEMOURS, baissant sou épée comme les autres chevaliers qui s'inclinent et restent immobiles.

Ma fureur m'égarait , et ces preux que j'expose , Vaincus sans me sauver, périraient pour ma cause.

(à sa suite. )

Arrière , chevaliers ! Si Charle est triomphant, La terreur de son nom mieux que vous me défend ; S'il n'est plus, mourant seul, je mourrai sans me plaindre.

( en jetant son épée aux pieds du roi. )

Pour venir jusqu'à toi, comme toi j'ai dû feindre; Je l'ai dû : je l'ai fait. Quel que fût mon dessein , J'en rendrai compte à Dieu qui l'a mis dans mon sein. Jette encore une proie aux bourreaux de mon père ! Il te manque un plaisir : je n'ai ni fils, ni frère, Je n'ai pas un ami que tu puisses forcer A recevoir vivant mon sang qu'ils vont verser.

LOUIS , faisant signe à Tristan d'emmeuer Nemours.

Aujourd'hui, grand-prevôt, son procès, sa sentence; Demain le reste.

(Nemours, entouré de gardes, sort avec Tristan ; les chevaliers bourguignons le suivent. )

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