SCENE IV
LOUIS, COITIER.
LOUIS
Ne crois pas éviter le sort que tu mérites :
Tu l'auras; mes tourmens , c'est toi qui les irrites.
A braver ma fureur leur excès t'enhardit;
Mais je t'écraserai.
COITIER , froidement.
Vous l'avez déjà dit , Sire, faites-le donc.
LOUIS
Certes, je vais le faire.
Ton faux savoir n'est bon qu'à tromper le vulgaire. Ton art ! j'en ris ; tes soins ! que me font-ils , tes soins ? Rien. Je m'en passerai; je n'en vivrai pas moins.
Je veux : ma volonté suffit pour que je vive; Je le sens , j'en suis sur.
COITIER.
Alors, quoi qu'il arrive, Essavez-en.
LOUIS
Oui , traître , oui , le saint que j'attends Peut réparer d'un mot les ravages du temps. Il va ressusciter cette force abattue ; Son souffle emportera la douleur qui me tue.
COITIER.
Qu'il se hâte.
LOUIS
Pour toi , privé de jour et d'air, Captif, le corps plié sous un réseau de fer, Tu verras, à travers les barreaux de ta cage, Ma jeunesse nouvelle insulter à ta rage.
COITIER.
D'accord.
Tu le verras.
COITIER.
Sans doute.
LOUIS, avec émotion.
Faux ami, M'as-tu trouvé pour loi généreux à demi?