‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 101 sur 166 · BANVILLE, MADAME SINCLAIR · texte numérisé non relu

BANVILLE, MADAME SINCLAIR

BANVILLE

Non , vos façons d'agir ne me vont pas du tout , Et les courses à pied sont fort peu de mon goût.

MADAME SINCLAIR

Vous prendrez la voiture. Eh bien , votre visite ?

DAJTVILLE.

Je ne la veux pas faire, et vou^m'en tiendrez quitte.

MADAME SINCLAIR

Vous avez de l'humeur?

BANVILLE

Beaucoup, et j'ai raison :

Je vais chez deux banquiers; mais l'un dîne àMeudon,

L'autre est à Saint-Germain. Je cours chez mon notaire ; Monsieur, jusqu'à lundi, se délasse à Nanterre. Quand on meurt le dimanche, on peut apparemment Remettre au lendemain pour faire un testament.

MADAME SINCLAIR

Le dimanche à Paris n'est pas un jour commode.

BANVILLE

Et puis vantez-moi donc vos jardins à là mode !

Curieux cohime un sot, ou poussé par l'orgueil.

J'y vais, pour voir ma femme et jouir du coup-d'œil ;

Je ne sais quel démon m'avait mis dans la tête

De régaler mes yeux d'un plaisir aussi bête.

J'entre ; un pareil délire a de quoi m'étonner :

Dans un jardin immense on peut se promener.

On ne suit qu'une allée , une seule ; et laquelle ?

J'en ai bien compté dix, dont la moindre est plus belle,

Mais personne n'y va ; non : Paris tout entier

Vient s'entasser en long dans un petit sentier.

Quelle foule! on s'étouffe; et là, je vois Hortense,

A travers un rempart i[m me tient à distance ,

Et sans artillerie on n'aurait pu percer

Ce cortège autour d'elle ardent à s'amasser.

Je marchais, j'enrageais, j'avais beau faire un signe,.

Deux, trois; bon ! d'un regard un mari n'est pas digne;

Et revenant toujours et toujours écarté ,

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