‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 138 sur 166 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HORTENSE, madame SINCLAIR.

MADAME SINCLAIR

Non, je ne puis, Hortense, approuver tes manières; A peine te montrer, revenir des premières !

HORTF.NSE.

C'est qu'avant d'être au bal j'avais senti mes torts.

MADAME SmCLAIR.

Il est une heure au plus, on arrive, et tu sors !

Trop tard. Il est parti, pour me chercher sans doute. Son premier mouvement est le seul qu'il écoute. Ma faiblesse à ses yeux tient de la trahison ; Je vous ai résisté; n'avais-je pas raison?

Dieu ! que je me repens de vous avoir suivie !

MADAME SINCLAIR

Certes, je n'ai rien fait pour t'en donner l'envie.

HORTENSE

A vous accompagner quand le duc m'engageait, 11 fallait m'affermir dans mon sage projet.

MADAME SINCLAIR

Par exemple, il est bon qu'à présent tu me blâmes ! Eh! ne l'ai-je pas fait? Voilà les jeunes femmes!

HORTENSE

Qui? moi, vous accuser! Je suis folle aujourd'hui. Pardon, ma bonne mère; ah ! je souffre pour lui. Que ma légèreté doit lui causer de peine ! Quels chagrins pour tous deux à sa suite elle amène ! Je vois, j'aime le bien; c'est le mal que je fais : Et qu'une inconséquence a de tristes effets !

MADAME SINCLAIR, tendiemcni.

Eh bien! oui, je conviens qu'en mère de famille Je devais... Que veux-tu! je t'aime trop, ma fille.

HORTENSE

Il ne reviendra pas !...

MADAME SINCLAIR

Mais est-il arrivé ?

HORTENSE

Voilà le dernier coup qui m'étail réservé.

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