‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 2 sur 166 · IDAMORE, ALVAR · texte numérisé non relu

IDAMORE, ALVAR

ALVAR

Tout repose dans l'ombre, et le seul Idamore Des murs de Bënarès s'échappe avant l'aurore ! Quel est ce bois antique où vos pas m'ont conduit ? Mais j'entrevois un temple, et l'astre de la nuit, Dont les faibles rayons nous guident sous l'ombrage , Du dieu de l'Indostan me découvre l'image... Sans répondre à ma voix, d'où vient que vous errez Sous ces palmiers épais à Brama consacrés ?

IDAMORE

Bientôt du jour naissant les clartés vont ëclore , Et pourtant Néala ne paraît point encore.

ALVAR

Dieu ! quel nom vénérable osez-vous proférer ? Néala !... Près de vous quel soin peut l'attirer? La fille d'Akébar, d'un prêtre, d'un bramine !

IDA3IORE.

Oui , cet unique fruit d'une tige divine , Cette beauté cacliée à l'ombre des autels , Qui n'éblouit nos yeux qu'en des jours solennels, Et qui, des lis du Gange au temple couronnée , Fut à l'bymen du fleuve en naissant destinée. Je l'adore...

ALVAR

Ali! qu'entends-je?

IDAMORE

Et mon amour jaloux Prétend la disputer à son céleste époux. Le message secret que ses mains m'ont fait rendre Dans ce lieu redouté m'ordonne de l'attendre ; Elle y doit devancer l'instant où le soleil Voit le peuple en prière adorer son réveil ; Mais, si j'en crois les fleurs dont le triste assemblage J)u cœur de Néala m'a ti'ansmis le langage,

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