‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 49 sur 166 · IDAMORE, ALVAR · texte numérisé non relu

IDAMORE, ALVAR

ALVAR

Venez, illustre époux.

Instruit d'une amitié que vos bienfaits publient , Akébar rend hommage aux chaînes qui nous lient : Avant les doux momens par son choix destinés A consacrer ici des nœuds plus fortunés , Il s'est remis sur moi du soin de vous apprendre Qu'au peuple impatient il veut montrer son gendre. Les chemins parfumés de lauriers sont couverts ; L'encens fume ; le ciel retentit de concerts ; Sur les trépieds ardens l'huile à grands flots ruisselle. Les rameaux dans les mains, le peuple vous appelle; De nos rites chrétiens l'imposant appareil Seul étale aux regards un spectacle pareil... Mais quel remords secret contre vos vœux conspire? 3. C

TDAMORE, à paît.

Je la perds si je fuis, si je reste il expire.

ALVAR

Néala vous attend.

IDAMORE

Allons, je suis tes pas.

ALVAR

Venez.

IDAMORE

Non, cet hymen ne s'achèvera pas.

Que dis-je? il doit combler ou finir mon supplice ; Et, quel qu'en soit le sort , il faut qu'il s'accomplisse. Néala par mes pleurs se laissera toucher ; Son époux à ses pas la verra s'attacher. Obscur ou fastueux, qu'importe notre asile? Ah! le premier des biens est un amour tranquille : C'est là de tous nos vœux l'unique et digne objet; Le reste , Néala , ne vaut pas un regret. Ami...

ALVAR

Qu'exigez-vous ? ^

IDAMORE

Ce vieillard , il me quitte.

J'ignore où le conduit le trouble qui l'agite. Peut-être de tes soins j'emprunte un vain secours;

Page 1