IDAMORE, ALVAR
ALVAR
Venez, illustre époux.
Instruit d'une amitié que vos bienfaits publient , Akébar rend hommage aux chaînes qui nous lient : Avant les doux momens par son choix destinés A consacrer ici des nœuds plus fortunés , Il s'est remis sur moi du soin de vous apprendre Qu'au peuple impatient il veut montrer son gendre. Les chemins parfumés de lauriers sont couverts ; L'encens fume ; le ciel retentit de concerts ; Sur les trépieds ardens l'huile à grands flots ruisselle. Les rameaux dans les mains, le peuple vous appelle; De nos rites chrétiens l'imposant appareil Seul étale aux regards un spectacle pareil... Mais quel remords secret contre vos vœux conspire? 3. C
TDAMORE, à paît.
Je la perds si je fuis, si je reste il expire.
ALVAR
Néala vous attend.
IDAMORE
Allons, je suis tes pas.
ALVAR
Venez.
IDAMORE
Non, cet hymen ne s'achèvera pas.
Que dis-je? il doit combler ou finir mon supplice ; Et, quel qu'en soit le sort , il faut qu'il s'accomplisse. Néala par mes pleurs se laissera toucher ; Son époux à ses pas la verra s'attacher. Obscur ou fastueux, qu'importe notre asile? Ah! le premier des biens est un amour tranquille : C'est là de tous nos vœux l'unique et digne objet; Le reste , Néala , ne vaut pas un regret. Ami...
ALVAR
Qu'exigez-vous ? ^
IDAMORE
Ce vieillard , il me quitte.
J'ignore où le conduit le trouble qui l'agite. Peut-être de tes soins j'emprunte un vain secours;