‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 65 sur 166 · UN BRAME · texte numérisé non relu

UN BRAME

Le signal est donné : pour ravager la terre, De ses extrémités Les vents précipités Mêlent leur voix lugu^jr^ aux éclats du tonnerre, Déracinent les monts, emportent les cités, Et le souffle de leur colèi'e Du soleil éteint les clartés.

UN AUTRE

Dans nos temples en vain vous cachez votre tête. Des combles ébranlés je vois s'ouvrir le faîte... Mourez, tout doit mourir, et nos saints monumens S'abîment avec vous, sans laisser plus de trace

Qu'un sillon qui s'efface Sur un sable mobile ou des flots écumans.

LE PEUPLE

Il vient le jour des chàtimens!

PREMIER BRAME

Les astres, brisant leurs orbites,

Se choquent dans l'immensité ;

La mer, comme un tigre irrité ,

S'élance et franchit ses limites :

Prête à les dévorer, la mer en rugissant Aux derniers fils de l'homme ouvre une horrible tombe, Si,ir ses flots révoltés le ciel en feu descend , S'écroule et tombe.

UNE VOIX, parmi le peuple.

J'ai senli vers mon cœur se retirer mou sang.

UNE AUTRE

Ma raison, qui me fuit, se confond et succombe.

SECOND BRAME

Toi qui peuplas les airs d'immortels habitans, Suspendis sous leurs pieds les orbes éclatans ,

Et dont le bras faisait signe à la foudre ; Pour créer l'univers et le réduire en poudre , Que te fallait-il ? deux instans.

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