‹ Théâtre de C. Delavigne (volume 3)Chapitre 69 sur 166 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

ALVAR

Ses juges assemblés devant eux l'ont admis;

Le suivre est un bonheur qu'ils ne m'ont pas permis.

Je m'humilie en vain sous le bras qui m'accable;

( A une croix suspendue sur sa poitrine. )

Il dédaigne mes pleurs. O toi , signe adorable D'un mystère sanglant dont j'ai perdu le fruit, Ranime un faible espoir que chaque instant détruit. Ce Dieu , quittant le monde , y laissa l'espérance : Lui-même a tant souffert ! il plaindra ma souffrance. Qu'il ouvre à mes remords son sein long-temps fermé Qu'il me rende un ami ; lui-même a tant aimé ! Oui, prends pitié d'un cœur digne d'être fidèle, Seigneur, s'il connaissait ta parole éternelle , Et, pour le soutenir contre d'injustes coups, Relève un frêle appui plié par ton courroux.

Je ne demande pas que des jours plus prospères Me retrouvent assis sous le toit dv mes pères; Je rendrai ma dépouille à ces bords étrangers; Mais Idamore est seul au milieu des dangers : Puissé-je l'embrasser avant son sacrifice, Affermir son courage, et, s'il faut qu'il périsse, Sans murmure avec lui mourant pour t'apaiser. Aux cieux dans ta clémence avec lui reposer !... Entouré de soldats je le vois qui s'avanc c. Est-il absous? grand Dieu !

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